Apaiser les conflits grâce à la synergie entre méditation et Ayurvéda

Ray Dalio, Bridgewater Associates

Ray Dalio, Bridgewater Associates

Des nombreuses tâches qui incombent au manager, la gestion des conflits est de loin la plus délicate. La raison est évidente : un conflit peut saborder une équipe, un projet, une collaboration, voire toute l’entreprise. Le Wall Street Journal rapporte dans un récent article que de plus en plus d’entreprises américaines cherchent à embaucher des managers capables d’affronter habilement la multitude de situations conflictuelles de l’entreprise plutôt que de les éviter. Le conflit peut en effet être larvé, noyé dans un bain d’harmonie artificielle ou carrément ouvert, avec les risques de dérapage que cela suppose si les protagonistes en viennent au stade de l’affrontement. Ne perdons pas de vue que le terme « conflit » vaut aussi pour les situations de guerre entre nations. Ce constat pousse de nombreux psychologues à considérer que les conflits sont intrinsèques à la nature humaine et donc inévitables au travail. D’où l’idée de les traiter à la racine avant qu’ils ne prennent de l’ampleur. Dans l’entreprise, plusieurs situations sont susceptibles de générer des conflits. C’est le cas lorsque les individualités s’affrontent, les générations ne se comprennent pas, les opinions divergent et les intérêts s’opposent. Mais, un conflit peut être également le résultat d’une mauvaise planification, des responsabilités mal délimitées, d’objectifs irréalistes ou plus simplement de lutte pour le pouvoir.

De nombreux auteurs, coaches et psychologues proposent une palette de conseils sur la meilleure façon de résoudre les conflits dans la sphère professionnelle. Ils ont leurs mérites, mais aussi leurs limites. Quand un conflit éclate dans une équipe, la recommandation essentielle que l’on retiendra sera de séparer les faits objectifs du ressenti et des émotions. Un employé peut se sentir humilié sans que l’intention de l’accusé n’ait été réellement de l’humilier. Résoudre un tel conflit nécessite une bonne capacité d’écoute active de la part du manager. Attention car les émotions ne sont pas le seul enjeu. Le respect, l’éthique et les compétences sont souvent impliqués dans un conflit. Il ne faut pas oublier non plus qu’un manager a ses propres « angles morts » qui peuvent colorer son analyse de la situation et la rendre partielle et donc partiale. S’il a tendance à être de mauvaise humeur ou s’il est d’une sensibilité extrême, cela peut impacter sa capacité à manager un conflit. Les américains Kenneth Thomas et Ralph Kilmann, auteurs du  Thomas–Kilmann Conflict Mode Instrument, ont identifié cinq modes de gestion des conflits. Ce sont l’évitement, le compromis, la collaboration, la compétition et l’adaptation. Chacun a ses avantages et ses inconvénients. Dans son livre Conversational Intelligence, Judith Glaser explique que le manager qui évite la confrontation a tendance à envenimer les problèmes et à rendre les décisions plus difficiles à prendre. S’il est animé par le désir de s’entendre avec les autres, cela peut être un frein à la résolution du conflit. Et ainsi de suite.

Thomas–Kilmann Conflict Mode Instrument

Thomas–Kilmann Conflict Mode Instrument

Face à ce problème, les connaissances védiques apportent un tout autre éclairage. Elles séparent le fait qu’il y a autant de point de vue que d’individus – ce qui représente un  terreau fertile de richesses pour l’entreprise –, du conflit proprement dit. L’entreprise où chacun exprime son point de vue est une entreprise agile où les risques d’une mauvaise décision sont réduits au minimum (voir à ce sujet http://management-vedique.com/comment-un-manager-peut-il-sassurer-de-prendre-de-bonnes-decisions/). L’exemple de Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, le plus important “hedge fund » au monde, est révélateur. Il encourage en permanence ses collaborateurs à exprimer leur point de vue, quitte à lui porter la contradiction. C’est cette « confrontation créatrice » qui lui a permis de prédire dès 2007 la crise des « subprimes » qui a éclaté en 2008, jetant ses concurrents dans la tourmente et propulsant son fond Pure Alpha aux sommets. Ce fond a vu sa valeur nette multipliée par neuf et demi.

Si l’attachement pathologique d’un collaborateur à son point de vue peut casser un climat d’harmonie, croire que le conflit est inhérent à la nature humaine, comme l’affirment bien des psychologues, est aux antipodes de ce que professe le Véda. Ce dernier considère que le conflit résulte d’une vision étriquée d’une situation à cause de la peur. Or, dans l’entreprise, de multiples facteurs peuvent alimenter ces rétrécissements générateurs de conflits, à commencer par le stress. Un manager qui travaille trop, qui gère mal son temps et qui est interrompu en permanence verra son Vata et son Pitta se déséquilibrer rapidement. Ce manager finira par se montrer irascible et devenir toxique en créant, par ses exigences et son attitude intérieure, un climat de conflit avec ses collaborateurs (voir à ce sujet http://management-vedique.com/six-conseils-pour-cesser-detre-un-manager-toxique). Autre facteur à prendre en compte, les nouvelles technologies modifient la perception du temps et alimentent une forte pression nerveuse. En déséquilibrant Vata, les NTIC contribuent à cette dérive, d’où l’augmentation générale du stress dans toute l’entreprise avec sa cohorte de conflits. Face à cette situation, l’Ayurvéda propose des solutions pour apaiser les déséquilibres de Vata et Pitta qui alimentent les conflits et pour permettre à chacun dans l’entreprise d’organiser son travail selon les cycles de la journée (voir à ce sujet http://management-vedique.com/travailler-en-accord-avec-les-cycles-de-la-nature) et de suivre une routine de vie appropriée à sa constitution.

Le conflit repose sur la peur

Le conflit repose sur la peur

L’Ayurvéda recommande aussi la méditation, qui est reconnue par la science comme le moyen le plus efficace pour dissoudre les peurs et le stress qui alimentent les conflits. Une étude parue dans l’Academy of Management Journal (17: 362–368, 1974) a montré chez des employés pratiquant la méditation transcendantale une amélioration de la satisfaction dans la vie professionnelle ainsi qu’une diminution de l’impulsivité. Du côté des managers, des résultats similaires ont été enregistrés, notamment une amélioration des relations professionnelles. Comment la méditation transcendantale favorise-t-elle l’apaisement des conflits? « Au cours de la pratique de la méditation transcendantale, vous stimulez le fonctionnement de la totalité du cerveau, et lorsque vous revenez dans l’activité, vous êtes plus patient, plus souple et moins stressé » explique le spécialiste en neurosciences Fred Travis. Si la méditation transcendantale apparaît comme l’antidote à la vision étriquée qui nourrit tous les conflits, ses bienfaits ne s’arrêtent pas là.

Le déséquilibre Pitta rend irrascible

Le déséquilibre Pitta rend irascible

La méditation transcendantale développe la personnalité. Or, en matière de gestion des conflits, nous avons vu que la personnalité du manager est déterminante. La développer par la pratique de la méditation transcendantale est certainement plus efficace que de participer à des séminaires sur la gestion des conflits. Nous mesurons tous dans le quotidien l’importance de la personnalité  Nous avons tous connu le cas où un collaborateur qui vient d’être embauché suscite par sa simple présence de nombreux conflits, alors que, jusque là, le climat harmonieux de l’équipe permettait à chacun d’exprimer sans peur et dans le respect le plus total son point de vue. Ces personnalités clivantes qui cherchent à avoir systématiquement raison afin d’être respectées sont souvent à l’origine de nombreux conflits dans les entreprises. « Je crois que le plus gros problème auquel l’humanité doit faire face est l’obsession de l’ego à savoir s’il a raison ou non » explique à ce sujet Ray Dalio. Le fondateur de Bridgewater Associates ne fait pas mystère de sa pratique de 42 ans de la méditation transcendantale, la base de ses succès professionnels.

Les bienfaits de la méditation transcendantale en matière de développement de la personnalité ont fait l’objet de trois premières études entre 1972 et 1974. Les résultats ont été mesurés sur la base du Personal Orientation Inventory, test développé par Shostrom pour mesurer le concept d’actualisation de soi du célèbre psychologue amércian Abraham Maslow. Ils ont été publiés dans le Journal of Counseling Psychology et dans Perceptual & Motor Skills. Ces tests ont montré des améliorations significatives en à peine deux mois de pratique de la technique. D’autres études menées en Europe en 1976[1] et en 1982[2] ont confirmé ces premiers résultats. Ainsi, après seulement un mois, les sujets pratiquant la méditation transcendantale ont expérimenté une amélioration de leur concept d’identité personnelle ainsi qu’un rapprochement entre leur « moi actuel » et leur « moi idéal » alors qu’aucune amélioration ne fut observée dans le groupe contrôle.

La méditation transcendantale développe la personnalité

La méditation transcendantale développe la personnalité

La pratique de la méditation transcendantale conjuguée aux conseils de l’Ayurvéda permet d’apaiser le niveau de conflits tout en permettant à chacun d’exprimer son point de vue en toute confiance. Point essentiel, lorsqu’une décision est prise après que chacun ait pu exprimer son point de vue, tous les collaborateurs l’acceptent, particulièrement ceux qui avaient un point de vue opposé. Rapidement et sans efforts particuliers, le potentiel destructeur des conflits diminue. Le climat de paix favorise le développement de l’entreprise, sa cohérence, sa productivité, sa créativité et sa compétitivité.

 

Jo Cohen

 

 

– Si vous avez aimé cet article, merci de le recommander à vos amis en cliquant sur le logo de votre réseau social préféré (Facebook, Linkedin, Twitter, Google +).

– Vous pouvez aussi recommander l’ensemble du site à vos proches sur la page Management Védique de Facebook afin de les faire bénéficier de cette précieuse connaissance. Je vous en remercie par avance.

– Vous pouvez laisser un commentaire.

– En vous inscrivant sur la liste Management Védique, vous serez averti par email chaque fois qu’un nouvel article sera publié. En outre, vous recevrez en cadeau un livret de 40 pages expliquant l’impact de la méditation dans l’entreprise.

 

[1]                                              “Psychological research on the effects of the Transcendental Meditation technique on a number of personality variables”, Gedrag: Tijdschrift voor Psychologie (Behavior: Journal of Psychology) 4: 206-218, 1976.

[2]                                             “Effects of Transcendental Meditation on self-identity indices and personality”, British Journal of Psychology 73: 57-68, 1982.

 

2 réflexions au sujet de « Apaiser les conflits grâce à la synergie entre méditation et Ayurvéda »

  1. florence

    très intéressant d’associer le conflit à la peur, si nous arrivons à gère ses peurs , nous sommes libres …j’aime bien pour faire ressortir l’ émotion de la colère ( qui vient de la peur ) utiliser cette image « qui nourrissons nous ? « …

    Répondre
    1. Jo Cohen Auteur de l’article

      Bonjour Florence

      Merci de ton commentaire.
      La colère est une expérience émotionnelle associée à différents sentiments qui cachent toujours de la peur. A un premier niveau, la colère peut masquer la frustration résultant de l’incapacité à satisfaire ses désirs. Une personne peut aussi exprimer de la colère envers les autres et les blâmer consciemment ou inconsciemment de ses faiblesses. La colère cache une variété de sentiments associés à la peur.

      Bon dimanche

      Jo

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *