Ce que nous apprend vraiment le scandale Volkswagen 

 

Une marque prestigieuse

Une marque prestigieuse

Carton rouge pour Volkswagen! En contournant à l’aide d’un logiciel les tests d’émission de polluants de ses véhicules diésel, le géant allemand a commis une faute impardonnable dont les conséquences risquent d’être dramatiques à la fois pour l’entreprise, pour l’industrie allemande et pour l’industrie automobile européenne dans son ensemble. La triche, dévoilée par l’Agence Fédérale de protection de l’environnement (EPA), a fait la Une de la presse dans le monde entier, chaînes de TV, radios, quotidiens et magazines. Le fleuron de l’industrie allemande – dont l’action a immédiatement perdu 27% de sa valeur en bourse – risque de payer jusqu’à 18 milliards de dollars d’amende aux seuls Etats-Unis. Commentant l’évènement dans les colonnes du magazine Challenges, l’économiste Heinz-Joseph Bontrup, professeur à la Westphälische Hochschule, affirme que toute l’Allemagne a été abasourdie : « Une manipulation d’une telle ampleur venant d’une entreprise aussi prestigieuse et aussi florissante! Cela paraît encore plus inconcevable quand on réalise la façon dont elle s’est développée depuis 6 à 7 ans. Sous la houlette de Martin Winterkorn, elle a augmenté ses effectifs de 65%, depuis 2008, passant de 370.000 à 600.000 salariés dans le monde, et a doublé son chiffre d’affaires, le faisant grossir de 100 à 200 milliards d’euros. Comment imaginer que des résultats aussi impressionnants cachaient du mensonge et de la tricherie? » Autant dire que l’économiste est pessimiste quant à l’avenir de l’entreprise. Il estime qu’elle devra sans doute réduire la voilure.

Comment une telle tricherie a-t-elle pu se produire ? Elle résulte de la conjonction de plusieurs facteurs. L’objectif recherché par Martin Winterkorn n’est probablement pas étranger à ce scandale. Le patron du géant allemand voulait faire de Volkswagen la première entreprise automobile au monde. Cet objectif venait juste d’être atteint puisqu’au premier semestre 2015, Volkswagen a réussi à dépasser le leader en titre, le japonais Toyota. On se doute qu’un tel objectif a soumis tout le personnel de l’entreprise à une pression gigantesque. Pour y parvenir, Martin Winterkorn exigeait de la performance à chaque échelon de l’entreprise, n’hésitant pas à sanctionner tout personnel mal noté par le client. Résultat ? La quête de l’excellence a fini par devenir une obsession. « Son but ultime était d’amener son entreprise à être numéro un mondial, en mettant les concurrents à genoux » précise encore l’économiste Heinz-Joseph Bontrup. Un tel objectif ne pouvait être atteint qu’avec l’appui d’un management basé sur la pression. Lorsque le scandale a éclaté, Martin Winterkorn a quitté son poste en affirmant n’avoir rien su du logiciel implanté sur les moteurs diésel de 11 millions de voitures de la marque. L’enquête préliminaire a permis de découvrir que le logiciel incriminé avait été conçu chez Bosch, un sous-traitant de la firme automobile. Il est donc hautement probable que, sous la pression imposée par le top management, les ingénieurs de Volkswagen qui ont réceptionné ce logiciel – et en connaissaient parfaitement les fonctionnalités- ont été tentés de tricher, n’ayant pas réussi à développer un moteur diésel répondant sans manipulation aucune aux exigences du législateur américain. Fin de l’histoire.

Le Professeur Heinz-Josef Bontrup-

Le Professeur Heinz-Josef Bontrup-

Ce sandale n’est pas le premier chez Volkswagen. Ce  n’est pas non plus le premier dans l’industrie automobile. Toyota et General Motors ont subi eux aussi les foudres de l’EPA par le passé. Les diésels des concurrents répondent-ils aux normes en vigueur ? Plusieurs experts laissent entendre que de nombreux constructeurs détournent les tests de contrôle de la pollution. Si l’industrie automobile est ainsi montrée du doigt, reconnaissons qu’elle n’est pas la seule à franchir la ligne jaune. On se souvient de l’affaire Enron, de l’affaire Madoff ou même de la crise des ‘subprimes’ qui a mis l’industrie bancaire sous les feux de la rampe en 2008. Qu’est-ce qui ressort de ces pratiques ? Le point immédiat est que la mondialisation amplifie l’impact de toute tricherie ou malversation d’une entreprise opérant à l’échelle internationale. En d’autres termes, pour réussir sans tricher, la mondialisation exige un très haut niveau d’intégrité du management comme du personnel. Elle exige aussi du top management qu’il ait une vision objective de la situation de l’entreprise. Elle ne doit jamais perdre de vue qu’elle doit être  respectueuse en toutes circonstances vis-à-vis de ses clients. Elle doit donc faire passer toute considération de course à la première place du classement au second plan. Dans le cas de Volkswagen, la bataille au sommet avec Toyota a clairement entaché la vision de Martin Winterkorn qui en a fait une affaire personnelle.

Martin Winterkorn, VW

Martin Winterkorn, VW

Sur le fond, ces pratiques posent clairement la question de la relation entre l’intégrité et le sens moral d’une part et le monde de l’entreprise d’autre part. Bien de managers sont convaincus qu’il y a toujours de la triche derrière toute réussite, estimant que ce comportement serait inhérent à la nature humaine. Souvent caché, ce trait de caractère referait surface sous le poids de la pression. Que penser de cette croyance? Le célèbre investisseur Warren Buffet affirme qu’il y a trois traits de caractères à rechercher chez un manager, l’intelligence, l’énergie et l’intégrité. Si ce dernier venait à manquer, il ne faudrait pas envisager l’embauche d’un tel profil estime encore le milliardaire américain. Une exigence louable…mais pas si facile à mettre en application. Le sujet interpelle toutes les entreprises. The Ethisphere Institute, un organisme américain chargé d’évaluer l’éthique dans le business, a classé récemment Howard Schultz, Pdg de Starbucks, comme « le CEO le plus éthique ». La réussite de Starbucks est tout à fait réelle. Elle confirme qu’une entreprise gérée par un manager intègre n’est donc pas condamnée à échouer alors que les dirigeants qui manquent d’intégrité mettent en danger la survie de leur entreprise, ce que rappelle avec force le scandale de Volkswagen.

Le Dr. Fred Kiel

Le Dr. Fred Kiel

Ce que peu de dirigeants savent, c’est que les managers intègres réussissent mieux que les autres si l’on en croit les travaux du psychologue américain Fred Kiel, Ph.D. rapportés dans son livre Return on Character, le pendant du fameux Return on Investment (ROI). Co-fondateur de KRW, il a quantifié l’impact de l’intégrité d’un leader sur la marche de son entreprise sur une période de sept ans en recueillant des données auprès de 84 CEO et en évaluant leurs employés en termes de performances. Au terme de cette recherche, il affirme qu’il y aurait beaucoup de psychopathes parmi les leaders des entreprises. Ces derniers auraient entrainé de gigantesques pertes financières et même des suicides (cas de l’affaire Madoff par exemple).  Fred Kiel précise que le CEO qui a un haut degré d’intégrité est souvent humble et peu préoccupé par la réussite de sa carrière et par sa rémunération. Il obtient de meilleurs résultats que le CEO obnubilé par ses avantages salariaux ou le succès de son parcours personnel.

Développement du cortex préfrontal

Développement du cortex préfrontal

Le constat qu’il dresse est que le CEO avec un haut degré d’intégrité a des résultats supérieurs de 9,4% plusieurs années de suite par rapport à celui qui a un faible niveau d’intégrité. En outre, l’engagement de ses employés serait de 26% supérieur. Il en conclut qu’une  entreprise fonctionne mieux sous la direction du leader ayant un haut degré d’intégrité alors qu’une entreprise qui cherche seulement à rivaliser avec la concurrence sous la direction d’un CEO avec un faible niveau d’intégrité – et donc centré sur lui-même- finira par perdre. Fred Kiel affirme qu’il est de la responsabilité de chaque dirigeant d’améliorer son degré d’intégrité et d’éviter les nombreux pièges qui jalonnent le parcours. Le culte de la personnalité est un piège courant, le CEO oubliant qu’il est là pour servir les autres, refusant toute critique et blâmant autrui de ses erreurs. Eviter de rendre des comptes est également un piège courant, fréquent dans le monde politique. Le haut degré d’intégrité rend le manager confiant dans ses décisions comme celles de son équipe. Le manque de lucidité quant à leurs défauts ou leurs compétences réelles caractérise aussi les leaders ayant un faible niveau d’intégrité. Fred Kiel note également qu’ils pratiquent la communication à sens unique, qu’ils ont du mal à prendre des décisions quand elles sont difficiles ou encore qu’ils succombent à la tyrannie de l’urgence.

La méditation transcendantale donne de meilleurs résultats que les autres techniques

La méditation transcendantale donne de meilleurs résultats que les autres techniques

Développer les qualités de leader – et notamment celle de l’intégrité- est donc de la plus haute importance pour ceux qui doivent conduire le destin d’une entreprise ou y participer avec des responsabilités managériales. C’est là que la pratique de la méditation transcendantale se révèle appropriée. Les recherches les plus récentes effectuées sur cette technique montrent un développement global et intégré du cortex préfrontal et donc du raisonnement moral, de la créativité, de l’intelligence, de la stabilité émotionnelle, du développement de la personnalité, de la confiance en soi, des qualités du leadership et de la capacité à décider (voir à ce sujet http://management-vedique.com/developpez-le-ceo-qui-est-en-vous). Cinquante années de recherches sur cette technique  confirment en effet le développement du cortex préfrontal. Plus spécifiquement, une étude réalisée par Sanford I. Nidich, Randi J. Nidich et Charles N. Alexander – intitulée « Moral Development and higher states of conciousness » et publiée en octobre 2000 dans la revue scientifique Journal of Adult Development confirme que la cohérence des EEG des ondes cérébrales, associée au développement d’états de conscience supérieurs par la pratique de la méditation transcendantale, est apte à promouvoir le développement moral.

 

Jo Cohen

 

 

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3 réflexions au sujet de « Ce que nous apprend vraiment le scandale Volkswagen  »

  1. JACQUELINE

    Bonjour JO
    Encore un article très intéressant et d’actualité puisque il parle de l’affaire Volkswagen
    Je pense qu’il est difficile pour un directeur d’entreprise de pouvoir s’arrêter quand il commence à mentir, à cacher des choses, à être malhonnête vis à vis des clients, de son personnel, des concurrents, ….
    c’est une spirale sans fin
    Si tout le monde sur cette terre était honnête, intègre dans sa vie, cela rejaillirait sur les personnes autour de lui et ainsi de suite, mais c’est sans doute une utopie…….
    merci JO
    bonne journée
    Jacqueline

    Répondre
    1. Ludovic

      Bonjour Jacqueline
      Non ce n’est pas forcément une utopie nous pouvons y arriver ;). Mais il ne faut pas attendre que le monde extérieur change, il faut se changer soi-même pour que cela se réalise.

      Répondre
      1. Jo COhen

        Bonjour Jacqueline, bonjour Ludovic

        Ne perdez pas de vue que le manager intègre a de meilleurs résultats que celui qui ne l’est pas et qu’en outre, il ne met pas en danger la survie de sa boîte, surtout si c’est une multinationale.

        Jo

        Répondre

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