Gare à ne pas sacrifier vos temps de repos !

 

Les bureaux illuminés de la Défense

Les bureaux illuminés de la Défense

Il vous est certainement déjà arrivé de quitter votre bureau tard le soir. Avez-vous eu l’occasion de vous retourner et de voir de l’extérieur le nombre de bureaux encore allumés à cette heure pourtant tardive ? Certainement. Les tours de La Défense en région parisienne où sont concentrées de nombreuses entreprises illustrent parfaitement cette pratique. Il ne s’agit pas d’un particularisme franco-français, je vous rassure.  Cette habitude est en vigueur de la Silicon Valley en Californie jusqu’aux confins des zones industrielles les plus reculées dans les pays développés. Sous n’importe quelle latitude, les cadres croient dur comme ferme que la réussite est réservée à ceux qui « bossent dur » et donc qui travaillent tard le soir. Or, cette pratique ne se limite pas au travail quotidien. De très nombreux cadres emportent du travail à finir pendant leur week end, sacrifiant à la fois leur temps de repos et leur vie de famille. A l’évidence, le travail pendant ces heures supplémentaires se fait au détriment du temps de repos. S’agit-il d’une bonne habitude ? De récentes études confirment ce que l’Ayurvéda clame depuis la nuit des temps, à savoir qu’il ne faut pas sacrifier son temps de repos. Il s’agit donc là d’un mauvais calcul. Comme l’affirmait le titre d’un article paru sur le site CadresOnLine, les bons managers travaillent intelligemment, pas pendant de longues heures.

Conduite à l’Institut Max Planck de Berlin par le Dr. K. Anders Ericsson, professeur à la Florida State University of Psychology, spécialiste du développement professionnel, une étude publiée dans Psychological Review conclut qu’en matière de travail, la qualité l’emporte sur la quantité. En clair, les managers qui réussissent le mieux quittent tôt leur bureau, un constat qui va à l’encontre de toutes les croyances en matière de temps de travail. Rompu à l’univers de l’entreprise, le Dr. K. Anders Ericsonn estime que cette conclusion concerne tous les secteurs d’activités. L’étude qu’il a conduite a porté sur les pratiques dans l’univers de la musique. Elle montre que les meilleurs musiciens travaillent de manière plus focalisée sur des périodes plus courtes. Les violonistes qui pratiquent ainsi pendant quatre heures accomplissent plus que ceux qui pratiquent de manière classique pendant sept heures et plus. En outre, les meilleurs violonistes ne sacrifient pas leurs temps de pauses. Le graphique tiré de l’étude montre que les meilleurs pratiquent avec plus d’intensité avant l’heure du déjeuner, prennent une pause pour se restaurer avant de recommencer à nouveau vers 16 heures,  alors que les autres pratiquent plus régulièrement toute la journée. Ce constat est universel : ceux qui réussissent dans d’autres professions ont des habitudes parfaitement similaires. Ainsi, les auteurs à succès ont tendance à écrire pendant quatre heures au cours de la matinée, laissant le reste de la journée pour se reposer et récupérer. Ce mode de fonctionnement se retrouve chez tous ceux qui peuvent contrôler leurs habitudes de travail. La conclusion s’impose d’elle-même : le secret de la réussite est donc de rester focalisé quelques heures, de préférence en matinée… alors que nombre d’entreprises poussent au travail en mode zapping. Ce dernier résulte d’une mauvaise gestion de la communication par email à cause de l’ignorance des DRH et des tops managers sur ces questions! Il faudra pourtant casser la croyance du « travailler dur »  afin que chacun puisse partir tôt, dans l’intérêt même de l’entreprise.

Les meilleurs travaillent plus focalisés

Les meilleurs (haut) travaillent plus focalisés sur de courtes périodes. Les moins bons (bas) travaillent moins bien en continu de longues heures.

La recherche montre ainsi clairement que la réussite n’est pas le résultat de longs efforts. Travailler durement et succomber à la pratique des heures supplémentaires n’est donc qu’une mauvaise habitude dont il faudra se défaire tôt ou tard. Aujourd’hui, partir tôt c’est encore aller à contre courant. Consultez l’agenda d’un manager et vous verrez qu’il n’est pas question de partir tôt. L’agenda surchargé les pousse à travailler de longues heures. L’usage d’outils de gestion du temps, plus astucieux les uns que les autres, certes, n’y fait rien car ils ne tiennent pas compte de l’essentiel, à savoir que l’homme est soumis aux cycles de la nature (voir à ce sujet http://management-vedique.com/travailler-en-accord-avec-les-cycles-de-la-nature/). Voilà pourquoi les managers travaillent entre 50 et 60 heures par semaine, une moyenne établie par une étude du cabinet Kienbaum[1] réalisée en coopération avec la Harvard Business Review. Cette moyenne ne doit pas cacher que près d’un quart d’entre eux travaillent au-delà de 60 heures. Faite le calcul : cela fait des journées de travail de 12 heures ! Quel temps reste-t-il pour le repos, la vie de famille, les loisirs, les amis ? L’étude constate en outre que 96 % des managers travaillent le week-end. A ce jeu de dupes, les managers tentent de se justifier en trouvant des compensations comme « la reconnaissance liée au statut professionnel » ou « l’attrait du challenge », même si celui-ci doit conduire au ‘burn-out’. Rester longtemps au bureau est le contraire même d’un indicateur de performance élevée.

La course aux promotions

La course aux promotions

Le seul avantage de travailler tard pour un manager, dans le contexte actuel du moins, est qu’il favorise la promotion professionnelle. Une étude effectuée par le professeur en psychologie Cary Copper[2] à Lancaster University (Royaume Uni) montre que 63% des managers obtiennent une promotion en travaillant tard à leur bureau, 59% admettant que leur objectif est surtout d’être vus et de ne pas quitter leur bureau avant leur chef, une  drôle de preuve de loyauté et d’engagement vis-à-vis de leur employeur. La productivité de ceux qui suivent de telles pratiques n’est pas élevée. Elle est bien loin de celle des vrais leaders (voir à ce sujet http://management-vedique.com/empruntez-la-voie-royale-pour-developper-votre-leadership/). Toutes les études montrent qu’après quelques heures de concentration, la fatigue qui augmente diminue l’efficacité si une pause n’est pas prise sur le champ. Ces mécanismes touchent aussi les employés à l’heure où nombre d’entreprises, sous la pression de la crise et de la transformation numérique, réduisent leur nombre et augmentent leur charge de travail. Le niveau de stress augmente dangereusement selon des organismes comme (voir à ce sujet http://management-vedique.com/stress-il-est-grand-temps-de-tirer-la-sonnette-dalarme/). Une étude du cabinet de ressources humaines Robert Half Intenational estime que près de 60 % des employés gèrent plusieurs tâches avec des interruptions incessantes qui les obligent à sacrifier les périodes de repos. C’est un mauvais calcul puisque plusieurs études ont montré que ne pas prendre de pause afin de récupérer plus tard des plages plus longues de repos nuit à la qualité du travail.

Gare à l'accumulation de fatigue

Gare à l’accumulation de fatigue

La question de fond qui est posée est simple : le travail doit-il dominer la vie avec toutes les conséquences que cela suppose pour le travail – baisse de productivité et de motivation avec le temps – et pour la santé ? La réponse est non. Il est possible de travailler focalisé en s’organisant pour limiter la sursollicitation, en prenant les pauses sans sauter le repas du midi, le plus important selon l’Ayurvéda et enfin en partant à l’heure de son bureau. Ceux qui font ce choix dès aujourd’hui seront les leaders de demain.

Jo Cohen

 

 

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[1]                               “Worklife-Balance von Top-Managern”, étude réalisée en coopération avec Harvard Business Manager, 2007

[2]                               “Managers’ Wellbeing, Motivation and Productivity” Cary Cooper, Chartered Management Institute, Quality of Working Life 2012

 

 

7 réflexions au sujet de « Gare à ne pas sacrifier vos temps de repos ! »

  1. JACQUELINE

    Bonjour JO
    Merci pour cet article qui fait l’éloge du repos, de la pause qu’il faut savoir privilégier tout au long de la journée, et tout le monde n’en est que plus efficace.
    Belle journée
    amicalement
    Jacqueline

    Répondre
  2. Ludovic

    Bonjour Jo
    Il faut partager cette article également aux universités de France, parce que beaucoup d’étudiant font pareil que les managers, hélas !
    Par contre je ne comprend toujours pas pourquoi nous devons travailler autant à notre époque… Avec l’automatisation et tous le reste, on devrait selon Keynes tous travaillaient moins de 15 heures par semaine.
    Amitiés.
    Ludovic.

    Répondre
    1. Jo Cohen Auteur de l’article

      Bonjour Ludovic

      La journée idéale pour un étudiant serait la suivante : jusque 10H, activités sportives.
      Jusque 14H : travail sur projets personnels et repas.
      Après 14H : cours et acquisitions de connaissances.
      18H : fin de la journée…

      Je te conseille de lire le livre de Tim Ferris sur la journée de 4H (en anglais à ma connaissance, mais cherches sur google).

      Bonne journée
      Jo

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      1. Ludovic

        Bonjour Jo
        J’organise plutôt ma journée comme ceux-ci et j’ai plutôt des bon fruits grâce à cela.
        7h-11h: étude ou sport
        13h30 16h30: étude
        Personnellement je trouve que finir à 18h c’est un peu tard, le temps de rentrer à son domicile on peut parfois mettre plus d’une heure ( surtout avec les transports en commun).

        Oui je connais le livre, il à était traduit en français. Sur le blog habitude zen, Oliver à réalisé un résumé oral du livre, qui je trouve est bien meilleur que le livre ;).

        a+.

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  3. JACQUELINE

    Bonjour Ludovic
    je ne connais pas le livre, mais je vais aller voir le résumé fait par Olivier sur habitude zen dont tu parles
    tu es étudiant en quoi si ce n’est pas indiscret ?
    amitié
    Jacqueline

    Répondre

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