L’impact des technologies numériques au cœur du rapport Mettling remis au gouvernement

Bruno Mettling présente son rapport au ministère du Travail

Bruno Mettling présente son rapport au ministère du Travail

 

Sujet largement abordé dans ces colonnes, l’impact du numérique sur les entreprises a fait l’objet d’un rapport remis le 15 septembre dernier à Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Baptisé « Transformation numérique et vie au travail », ce rapport a été rédigé par un comité d’experts présidé par Bruno Mettling, DRH d’Orange. Il convient de saluer cette initiative qui vise à aider les entreprises françaises à réussir leur transformation numérique, même si on peut regretter que la commission Mettling n’aborde pas la question de fond de la productivité alors que le défi est d’aider les entreprises à « réussir leur transformation numérique » sans dégrader les conditions de travail. Six impacts majeurs de la transformation numérique ont été identifiés par la commission : la diffusion massive de nouveaux outils de travail, l’impact sur les métiers et les compétences, l’impact sur l’organisation du travail, l’impact sur le management, de nouvelles formes de travail hors salariat et enfin l’environnement de travail des cadres.

En termes de timing, la publication de ce rapport arrive à point nommé puisqu’un tiers des cadres français se déconnectent rarement comme l’a constaté une enquête réalisée par l’APEC et le Credoc l’an dernier. 63% d’entre eux reconnaissent que ce choix perturbe leur vie privée et affecte négativement leur qualité de vie. Pour remédier à de tels déséquilibres, le rapport suggère 36 mesures afin d’accompagner les entreprises françaises sur la voie de la transition numérique. La Ministre a profité de la présentation du rapport pour énumérer les questions posées par l’invasion de ces nouvelles technologies : le temps de travail, les conditions de travail et la mesure de la charge de travail. Malgré les défis, Bruno Mettling voit cette transformation comme « une opportunité pour permettre la mise en place progressive de nouvelles organisations du travail plus transversales, plus souples, de nouveaux modes de fonctionnement, plus coopératifs et plus collectifs ». Accompagner cette mutation nécessite aussi un changement culturel profond, un effort d’éducation et de formation de grande ampleur et enfin une régulation des usages des outils numériques afin de préserver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social

Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social

En réponse aux questions soulevées par le rapport, la ministre Myriam El Khomri a appelé à « agir pour que le travail de demain soit un facteur d’épanouissement fondé sur le dialogue, la concertation avec les partenaires sociaux et la mobilisation des énergies ». C’est ainsi que ces questions seront abordées à l’occasion de la Conférence sociale qui aura lieu le 19 octobre prochain. « Ce temps de concertation sera nécessaire pour réfléchir aux pistes de réforme qui, concernant le droit du travail et les conditions de travail, seront inscrites dans le projet de loi que je présenterai en conseil des ministres fin 2015 / début 2016 » a précisé la ministre. Parmi les idées avancées dans ce rapport et qui seront âprement débattues lors de la Conférence sociale figure notamment celle d’instaurer un « devoir de déconnexion » en dehors de certaines heures.

Certes, l’idée n’est pas nouvelle. Elle représente néanmoins un premier pas dans la bonne direction, même si chacun sait que la déconnexion sera délicate à mettre en place et qu’elle risque de s’avérer insuffisante pour régler tous les problèmes générés par la multiplication des écrans numériques. Rappelons que le Syntec avait signé l’an dernier un accord de branche abordant la question de la déconnexion, reconnaissant le droit des salariés à ne pas être tout le temps connectés et disponibles. Certains craignent à juste titre que ces accords – souvent pilotés par des DRH plus soucieuses de redorer le blason de leur entreprise – ne restent sans effets, ce qui est fréquemment dénoncé par les syndicats de grandes entreprises. Le rapport ne parlant pas de légiférer sur la déconnexion, tout reposera donc sur les discussions dans les branches, seul moyen selon le rapport d’aller plus loin que ce qui se fait actuellement tout en évitant l’écueil de la non application.

A quelle heure déconnecter?

A quelle heure déconnecter?

Ces premiers pas salués, il faut reconnaître que sur le fond, le problème n’est pas seulement de déconnecter son mobile ou sa tablette à une heure donnée. L’exemple d’Amazon (voir à ce sujet http://management-vedique.com/amazon-prefigure-les-pieges-de-lere-du-digital/) permet de prendre toute la mesure de l’impact du mode de travail numérique sur la productivité et la nécessité d’en compenser la baisse en allongeant le temps de travail. L’impact sur la santé physique et mentale des salariés n’est pas non plus à négliger. Souvent montrée du doigt, la place prise par la messagerie électronique dans le quotidien des entreprises nécessite également une réflexion afin au moins de limiter les flux. Elle peut être poursuivie en évaluant de nouvelles pistes technologiques comme celle proposée par la start-up Asana, fondée par Dustin Moskovitz, co-fondateur de Facebook. La plate-forme Asana propose un service en ligne censé diminuer la dépendance aux e-mails et réduire les pertes de temps inutiles grâce à une sorte de salle de réunion virtuelle. Elle optimise le travail en équipe en centralisant tous les éléments se rapportant à un projet dans la même interface. Cela va du cahier des charges de chaque collaborateur à l’avancement des tâches de chacun, en passant par les liens et documents pertinents. L’expérience montre effet que la dépendance aux e-mails est réduite, de même que le nombre de réunions inutiles.

Table ronde avec Bob Roth à Wisdom 2.0

Table ronde avec Bob Roth (à droite) à Wisdom 2.0

Parmi les nouveaux outils qui les entreprises qui passent au numérique devront adopter tôt ou tard figurent une nouvelle approche de la gestion du temps et sans conteste la méditation, déjà en pratique chez de nombreux leaders mondiaux comme Google. Seule la méditation permet de gérer le stress et les effets néfastes de la sur-sollicitation de l’attention engendrée par le travail dans l’environnement numérique. Le sujet est d’importance ainsi que cela a été rappelé lors de la troisième conférence Wisdom 2.0 qui s’est tenue les 10 et 11 septembre derniers à New York. Son credo en dit long à l’heure où nos gouvernants cherchent à dépoussiérer le Code du Travail :Revisioning Work As We Know It’. « La conférence Wisdom 2.0 adresse l’un des plus grands défis de notre temps : nous connecter au travers de la technologie d’une manière qui soutienne le bien être de la personne, augmente sa productivité et, in fine, son utilité pour le monde » affirment les organisateurs de ce rendez-vous dans Inc Magazine. Wisdom 2.0 a réuni des conférenciers de différents secteurs économiques et technologiques, des neuroscientifiques et des représentants de différentes traditions de méditation. « Plus un business évolue rapidement et plus faudra ralentir et aller au plus profond de nous-mêmes grâce à la technique de méditation transcendantale, et ce, afin de mieux réagir et de prendre de meilleures décisions dans un environnement économique qui change tout aussi rapidement » a expliqué Bob Roth, directeur exécutif de la Fondation David Lynch au cours d’une table ronde dédiée à l’usage de techniques de méditations dans les entreprises. Dov Seidman, CEO de LRN, entreprise spécialisée dans la gestion de la conformité et de l’éthique a confirmé pour sa part que le monde des affaires avait besoin d’une pause, et que cette pause était la méditation transcendantale car elle développe un état unique de vigilance au repos. Le corps est dans un état de profonde relaxation alors que l’esprit est totalement éveillé.

 

Jo Cohen

 

 

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Une réflexion au sujet de « L’impact des technologies numériques au cœur du rapport Mettling remis au gouvernement »

  1. JACQUELINE

    Bonjour JO
    encore un article très intéressant où l’on voit encore une fois les effets très positifs de la méditation dans la vie professionnelle, dans la vie quotidienne, etc…..
    merci encore
    amicalement
    Jacqueline

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