Méditation, le joker pour affronter la concurrence !

Steve Jobs laissera sa trace dans l'économie numérique du XXI siècle

Le jeu de la concurrence est essentiel dans la vie d’une entreprise. Les télécoms nous en donnent un bel exemple. Orange, SFR et Bouygues Telecom se partagent depuis des années un marché français de la téléphonie mobile dans un jeu fermé, sans surprise, de « quasi-entente », lorsque le fournisseur d’accès Internet Free fait une entrée tonitruante sur ce marché en 2012. Tel un chien dans un jeu de quilles, il casse les prix et accuse les trois operateurs de s’être trop longtemps entendus sur le dos des consommateurs. Vrai ou faux ? Là n’est pas la question. Cet exemple montre qu’à terme, le jeu de la concurrence est bénéfique au marché et aux consommateurs. Il garantit que chacun donnera le meilleur de lui-même dans cette confrontation, ce qu’ont fini par faire Orange, SFR et Bouygues Telecom, du moins une fois le choc passé. Le jeu de la concurrence est indissociable de la créativité, moteur de la différentiation. Reprenons ce mécanisme depuis ses débuts afin de comprendre comment la méditation favorise, à toutes les étapes, le jeu de la concurrence.

Le développement d’un nouveau marché suit une courbe de Gauss. Sa naissance passe par une phase de gestation où les idées se bousculent et où les acteurs qui les mettent en pratique sont souvent, mais pas toujours, des start-ups. Cette phase peut être plus ou moins longue selon les cas. Avant l’arrivée de l’iPhone d’Apple, plusieurs produit ont cherché leurs marques, avec plus ou moins de succès. Citons entre autre le Palm Pilot ou le BlackBerry, un téléphone mobile intégrant un clavier avec des fonctionnalités de messagerie électronique et d’agenda.

Après cette phase de gestation, la technologie atteint un degré de maturité qui satisfait aux besoins du marché et permet à ce dernier de décoller vraiment. Ce moment clé montre que la créativité ne suffit pas : un produit novateur doit être lancé dans un timing favorable. La phase ascendante de la courbe de Gauss illustre l’arrivée de concurrents reprenant à leur compte l’apport de l’écran tactile tout en cherchant à se démarquer. C’est la naissance d’Android, Symbian, Windows Phone…

Le pionnier de ce nouveau marché n’est plus en situation de monopole. Il doit enclencher de nouvelles étapes de sa vision pour garder son avance. Avec le temps, dans cette phase où la créativité dynamise le marché et où une segmentation se met en place, ses marges finissent par s’éroder. C’est déjà le cas avec l’iPhone 5. Samsung a profité de cette phase pour proposer des smartphones d’entrée de gamme et de haut de gamme avec des écrans plus larges. Arrivé tardivement sur ce marché, Microsoft espère se positionner sur le segment professionnel en jouant la carte de la compatibilité avec le vaste monde Windows.

 

Le développement d'un marché suit une courbe de Gauss

Le marché du smartphone en est là de son développement. Mais, comme avec les PC, viendra le moment où la standardisation sera si forte que la différentiation ne portera quasiment que sur le prix ou sur des détails mineurs. D’où, délocalisations vers des pays a bas couts salariaux et consolidation du marché avec des rachats en cascade. Aujourd’hui, le marché du PC, en net recul, amorce la phase descendante de la courbe.

Si réussir sur un nouveau marché exige, outre la créativité, l’intuition d’un bon timing, il faut aussi de la clarté d’esprit pour anticiper les étapes à venir. Peut être faudra-t-il revendre une entreprise qui rapportera de moins en moins sur un marché qui devient encombré? Peut être faudra-t-il développer un nouveau marché ainsi que l’a fait à plusieurs reprises Apple? Né avec la révolution de l’ordinateur personnel, la société à la pomme a su lancer une forte diversification en lançant lecteurs mp3, smartphones et tablettes.

Ce parcours atypique doit beaucoup à son patron, Steve Jobs, adepte du Bouddhisme Zen du maître Kobun Chino Otagawa qui diffusa son enseignement au sein même des troupes d’Apple. Le magazine américain Wired voit derrière la démarche du charismatique patron l’application « de la non-dualité afin de mettre un terme à trop de pensées ». Dès son retour chez Apple en 1997, Steve Jobs applique son crédo de la simplification et commence par supprimer un grand nombre de produits. Nés quelques années plus tard, l’iPod, l’iPhone et l’iPad témoignent aussi de cette recherche de la simplicité, simplicité du design, simplicité d’usage… Plus important : Jobs préfère aux enquêtes markéting l’autosuffisance que développe la pratique de la méditation.

Tout le cerveau est mobilisé

Plusieurs leaders d’entreprises confirment le développement de ces qualités si essentielles dans tout contexte de compétition. Patron du géant mondial Tupperware, Rick Goings confiait récemment au Financial Times que sa pratique de la méditation transcendantale était essentielle à son travail : « non seulement la pratique de la MT élimine le stress, mais en outre elle me donne un regard neuf pour clarifier ce qui se passe et ce qui est vraiment important ». Cette pratique est vitale dans la vie de managers qui passent la moitié de leur temps à voyager, à gérer des urgences et à faire face à la complexité croissante du business dans une économie mondialisée. La MT leur permet de transcender les détails, élargir leur vision et revenir à l’activité avec le calme et le recul nécessaires pour prendre de bonnes décisions. Arianna Huffington, présidente et rédactrice en chef du groupe de presse Huffington Post Media est convaincue que « les entreprises où l’on pratique ces techniques de méditation ont un véritable avantage compétitif sur les autres ».

Les recherches scientifiques sur la méditation transcendantale montrent le développement de toutes les performances intellectuelles : créativité, intelligence, capacité de compréhension, capacité de focalisation, intuition, mémoire et clarté d’esprit. La profonde détente pendant la pratique permet au manager de fonctionner de manière plus intégrée et cohérente, autant de qualités qui aident son entreprise à mieux jouer le jeu de la concurrence.

La mémoire joue un role important dans les affaies

Que se passe-t-il au niveau neurophysiologique lorsqu’une personne médite? « La technique de méditation transcendantale stimule l’activité de la partie prépondérante du cortex préfrontal dans le cerveau—améliorant ainsi la santé du cerveau, le rendant plus intégré, et capable de fonctionner davantage dans sa globalité » explique Fred Travis, spécialiste des effets de la Méditation Transcendantale sur le fonctionnement du cerveau et directeur du ‘Center for Brain, Consciousness and Cognition’ de l’Université Maharishi de Management (Fairfield, Iowa). A l’inverse, le stress endommage le cerveau. Il favorise la rigidité de la pensée, le comportement impulsif, les décisions basées sur une vision partielle, une faible mémoire de travail, une distraction de l’attention, l’abus d’alcool et de drogue sans oublier des pensées et des comportements contraires à l’éthique.

Pression, fatigue, mauvaise alimentation, alcool, tabac et médicaments chimiques endommagent les connexions entre le cortex préfrontal du cerveau— le “directeur”—et le reste du cerveau. En cas de grande fatigue ou de situation de stress intense, le cerveau inhibe ses circuits frontaux rationnels de décision plus élevés et plus évolués—et commence à utiliser ses voies plus primitives de stimulus/réponse. En conséquence, le manager aura tendance à répondre de manière automatique aux demandes quotidiennes en prenant des décisions plus impulsives, de plus courte vue. Quand le « directeur » est indisponible, les émotions fortes, telles que la peur et la colère, prennent le dessus, colorant négativement la vision de toute situation. Ces facteurs représentent à coup sûr un handicap pour affronter la concurrence.

Jo Cohen

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