Orange peut entrer au palmarès des entreprises où il fait bon vivre !

Orange n'est pas un cas isolé en France

Orange n’est pas un cas isolé en France

On ne peut rester insensible à la « nouvelle vague de suicides » qui touche une fois encore le groupe Orange. Dix salariés de cette entreprise se sont en effet suicidés depuis le début de l’année…contre onze au cours de toute l’année 2013 ! Ces drames refont surface après avoir occupé le devant de la scène fin des années 2000 et valu à Didier Lombard, l’ancien Pdg du groupe, une mise en examen pour harcèlement moral. Les « techniques de management » du groupe ont été alors jugées « odieuses ». Peut-on pour autant parler de « management meurtrier » et de « vague de suicides »? Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg conteste ces formulations. Que la statistique autorise ou non d’avancer de tels termes, nul ne peut nier que huit des dix suicides enregistrés depuis le début de l’année « ont une relation explicite au travail »[1] ainsi que l’affirme l’Observatoire du stress et des mobilités forcées, à l’origine de ces données. L’organisme syndical n’a pas caché qu’il y voyait un motif de « grave alerte » sur le climat qui règne chez l’opérateur français de télécoms.

L’Observatoire syndical estime que le « contrat social » lancé après la crise de septembre 2010 avait quelque peu apaisé le climat. Mais cette paix ne fut, hélas, que de courte durée. Alors que la direction d’Orange tente de mettre en avant le caractère singulier de chaque cas de suicide, les syndicats dénoncent pour leur part une concurrence exacerbée depuis l’arrivée de Free sur le marché du mobile début 2013. D’où des objectifs commerciaux de plus en plus ambitieux qui créent un climat de tension « poussant de plus en plus d’employés à recourir aux anxiolytiques » affirment les syndicats. La pression concurrentielle est d’autant moins tolérée qu’environ 60 % des salariés d’Orange sont d’anciens fonctionnaires recrutés dans les années 1970. Comment la direction d’Orange entend-elle sortir de cette impasse? « En revisitant et en réexaminant les dispositifs de prévention mis en place ces dernières années ». Ce réexamen est indispensable compte tenu du niveau de stress qui règne dans l’entreprise. Celle-ci ne semble plus en situation d’affronter une concurrence qui fait rage, le stress généré détruisant la productivité du personnel. Résultat ? Les profits en baisse, la direction programme la suppression de 30.000 nouveaux postes d’ici à 2020.

Le top management et la DRH d’Orange savent que ces nouveaux drames ne sont que le sommet visible de l’iceberg, masquant un malaise bien plus profond. Le niveau de stress est tel que les solutions mises en place s’avèrent peu efficaces. Le temps est venu d’adopter des solutions basées sur une connaissance plus globale de l’homme, du management et de l’entreprise. D’ailleurs, Orange n’est pas un cas isolé. Les entreprises françaises peuvent profiter de cette occasion pour procéder à un examen de conscience. Car la façon dont les cadres sont traités pose question. Dans un ouvrage intitulé ‘Le silence des cadres, enquête sur un malaise’ (Editions Vuibert), le sociologue Denis Monneuse dresse un constat alarmant sur les pratiques du management à la française. Dix années d’enquêtes l’amènent à conclure que les cadres français ont le sentiment d’être écartés des dossiers à fort enjeu et se plaignent de subir des décisions parachutées du haut. S’ils ressentent un profond mal-être, ils préfèrent le taire. Pourtant, ils ont le sentiment de ne plus avoir voix au chapitre, si bien que le fossé entre les managers intermédiaires et le sommet ne cesse de se creuser. Tout le monde étant débordé, c’est le règne du chacun pour soi. Les top managers se contentent de distribuer de bonnes ou de mauvaises notes au vu de tableaux Excel. Ce type de management, répandu en France – pays où l’autorité ne supporte aucune contestation – est le moins performant selon l’étude « The negative impact of leader power on team performance » conduite par les chercheurs de la Fuqua School of Business de Duke University. Sa conclusion? Les managers qui cherchent à contrôler leur personnel, à le critiquer où à monopoliser totalement la parole obtiennent les moins bons résultats. Ils ignorent l’opinion d’autrui, augmentent le risque de mauvaises décisions et détruisent la créativité de leurs collaborateurs (voir à ce sujet http://management-vedique.com/comment-un-manager-peut-il-sassurer-de-prendre-de-bonnes-decisions et http://management-vedique.com/styles-de-management-leadership-et-management-vedique).

La dépression professionnelle est courante

La dépression professionnelle est courante

Les tops managers doivent mesurer l’impact de leur façon de manager sur leurs employés. Il peut les conduire au succès comme il peut les conduire au suicide, au « burn out » ou à l’épuisement professionnel. Une récente étude conduite par onze chercheurs du département de médecine clinique de l’université Aarhus au Danemark[2], montre que, contrairement aux idées reçues, les managers sont toujours impliqués dans ces « accidents » de la vie de l’entreprise. Jusque là, les dépressions professionnelles étaient systématiquement mises sur le compte d’une surcharge de travail à laquelle le salarié n’arrivait plus à faire face. Or, l’étude démontre que ce sont l’injustice ressentie par l’employé et la manière dont il est traité par son supérieur hiérarchique qui le conduisent à la dépression. Aucune corrélation n’a été démontrée en revanche entre la surcharge de travail et la dépression.Associer dépression et stress à un surplus de travail n’est donc pas pertinent conclut l’étude. Celle-ci a été réalisée à partir des réponses de 4 500 salariés du secteur public danois (hôpitaux, écoles, crèches). Le questionnaire qui leur a été soumis comportait des questions concernant le sentiment d’être écouté ou non par son supérieur hiérarchique, d’être compris…ou encore d’être traité de la même façon que les collègues. 72% des personnes interrogées en 2007  ont participé à un second volet de l’étude deux années plus tard. Les salariés montrant des symptômes de dépression, d’épuisement professionnel ou de stress élevé en 2007 ont de nouveau été interrogés. Les chercheurs ont prélevé de la salive pour analyser leur taux de cortisol. Ils ont constaté qu’il était bas chez tous ceux qui présentaient tous les symptômes d’une dépression. Conclusion : l’environnement professionnel et les relations interpersonnelles au travail sont la vraie cause des états dépressifs observés. Le sentiment d’injustice est le facteur déterminant de la dépression chez les salariés.

Le cerveau est touché par la dépression

Le cerveau est touché par la dépression

Dans le cas d’Orange, le climat de stress sous jacent aux dramatiques suicides explique parfaitement l’insuffisante productivité de tous le personnel face au climat de concurrence accrue. Toutes les recherches montrent effet que lorsque le stress diminue avec la pratique de la méditation, la productivité de l’employé repart à la hausse (voir à ce sujet http://management-vedique.com/mediter-aussi-pour-le-benefice-de-lentreprise). Managers et employés heureux au travail sont plus performants. La méditation est clairement la botte secrète pour affronter la concurrence comme le rappelle Arianna Huffington, présidente et rédactrice en chef du groupe de presse Huffington Post Media : « les entreprises où l’on pratique ces techniques de méditation ont un véritable avantage compétitif sur les autres ». Or ce jeu de la concurrence est essentiel dans la vie d’une entreprise. Il garantit que chacun donne le meilleur de lui-même dans la confrontation.

Une entreprise où il fait bon vivre

Une entreprise où il fait bon vivre

Compte tenu du niveau de stress de entreprises françaises[3], les tops managers et les DRH seraient inspirés d’examiner les nombreuses recherches effectuées sur la méditation transcendantale et proposer ce programme particulièrement efficace à leur personnel. Elles ne seraient ni les premières, ni les dernières à le faire. Plusieurs recherches déjà évoquées dans ces colonnes montrent que la méditation transcendantale développe les performances intellectuelles telles que la créativité, l’intelligence, la capacité de compréhension, la capacité de focalisation, l’intuition, la mémoire et la clarté d’esprit. Alors qu’elle ne manque ni de compétences ni de talents, les entreprises françaises sauveraient ainsi leur réputation et rejoindraient le palmarès des meilleurs employeurs. Toutes les connaissances nécessaires pour ce revirement sont à la disposition de leurs responsables lorsqu’ils réexamineront les dispositifs de prévention mis en place.

 

Jo Cohen

 

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[1]                               Le site du journal Le Monde reprend cette donnée de l’organisme créé par des syndicats de l’ex-France Télécom (CFE-CGC et SUD) peu avant le début de la « vague de suicides » qui avait frappé le groupe en 2008-2009.

[2]                               Cette étude est intitulée ‘A two-year follow-up study of salivary cortisol concentration and the risk of depression’.

[3]                       L’étude « Fifth European Working Conditions Survey » parue fin 2012 montre que la France est handicapée par la persistance de conditions de travail anormalement difficiles par rapport aux voisins européens. Ces conditions de travail déplorables touchent aussi bien le plan physique que psychique. Le manque de reconnaissance arrive en tête des facteurs de stress : 30 % des Français ne se sentent pas reconnus au travail, contre une moyenne européenne de 22 %.

 

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