Protéger le cerveau du travail en mode ‘zapping’

Le smartphone est consulté 150 fois par jour!

Le smartphone est consulté 150 fois par jour!

Les chefs d’entreprises ont-ils quelque idée de l’urgence qu’il y a à protéger la matière grise de leur personnel du travail en mode ‘zapping’ ? Y a-t-il moyen de pallier au stress individuel et collectif engendré par ce mode de travail ? De quoi s’agit-il exactement ? Tout simplement de l’impact négatif des nouvelles technologies sur le fonctionnement du cerveau. Dans son enquête « Global Human Capital Trends 2014, Engaging the 21st century Workforce », le cabinet Deloitte a identifié la cause première de cet impact négatif, à savoir la sur-sollicitation, terme qui quantifie le nombre d’interruption subies par un individu soumis un flot ininterrompu d’informations qui aboutissent sur son smartphone. Tant que l’entreprise était à l’ère du PC, les emails arrivaient directement sur le poste de travail de l’employé. Lorsque ce dernier était en dehors de son bureau ou rentré chez lui après sa journée de travail, il ne subissait plus cette pression informationnelle. Avec l’avènement du smartphone en tant qu’outil de travail en situation de mobilité, le problème de la sur-sollicitation, qui touche déjà les cadres, risque de toucher de plus en plus d’employés. D’ici peu, il risque en outre de gagner en intensité.

Rappelons en effet qu’il s’est vendu l’an dernier dans le monde un milliard de smartphones selon le cabinet Business Intelligence. Le cap des trois milliards d’unités devrait être passé avant 2020. Résultat : de plus en plus d’employés, et plus seulement les cadres, seront équipés de smartphones pour leur travail quotidien. Or, au rythme où évolue la technologie, le phénomène de la sur-sollicitation risque aussi gagner en intensité, notamment depuis l’arrivée des objets connectés sur Internet. Bracelets de santé, e-montres, voitures connectées, maison connectées,…un nombre croissant de bips signalant l’arrivée d’un email ou d’une quelconque donnée sur un rythme cardiaque ou respiratoire vont venir s’ajouter à un flot qui atteint déjà l’overdose.  En clair, la sur-sollicitation ne risque pas d’être canalisée. Au contraire, si rien n’est fait rapidement, elle va continuer à se développer dans des proportions incontrôlables. D’où la nécessité de prendre les mesures d’urgence qui s’imposent.

Les objets connectés vont intensifier le problème

Les objets connectés vont intensifier le problème

Les données issues de l’enquête Deloitte montrent que, partout dans le monde, les cadres croulent déjà sous la surinformation, l’œil rivé sur leur smartphone, leur tablette ou leur ordinateur portable quasiment 7 jours sur 7 entre dix et douze heures par jour, voire parfois plus. C’est ainsi qu’un collaborateur consulte son mobile jusqu’à 150 fois par jour. Trois DRH sur quatre considèrent que résoudre ce problème est une véritable urgence. Ils souhaitent trouver des règles d’usage des ces nouvelles technologies. Car, en admettant qu’il travaille dix heures par jour, un cadre qui consulte son mobile 150 fois travaille en moyenne quatre minutes sans interruption. Il est clair que s’il reçoit un email avec une pièce jointe, il n’aura pas le temps matériel de tout lire. Il va donc parcourir l’email en diagonale, avec un risque élevé de manquer un passage important, voire de ne pas comprendre exactement ce qu’on lui demande. Il va lire l’email sans comprendre exactement le contexte général. S’il lui est demandé de répondre dans la foulée à cet email ou de prendre une décision en temps réel, le risque d’une mauvaise décision par manque d’approfondissement augmente dangereusement.

La cohérence des EEG chute

La cohérence des EEG chute

Ce mode de fonctionnement rappelle la personne qui zappe rapidement devant son téléviseur à la recherche d’un bon film, mais qui ne prend pas le temps d’approfondir et de comprendre le fil de chaque intrigue et qui choisit en fonction d’une impression générale ou de la présence de tel ou tel acteur qu’il aime. Le cabinet Deloitte a constaté que cette sur-sollicitation nuit gravement à la productivité des cadres. Ces derniers n’ont plus assez de temps à consacrer à leurs projets. Pour compenser ce handicap, beaucoup travaillent plus, emportent du travail à la maison, notamment le week end. Ce sacrifice de la vie privée suffit-il à rétablir la perte de productivité ? Peu probable quand on sait que ces « tâches périphériques » représentent 41 % du temps de travail d’un cadre ainsi que l’a évalué une récente étude d’Uclarity. Or, cette part est appelée à augmenter avec l’Internet des Objets. On imagine sans peine ce qui risque d’arriver d’ici peu : le cadre va se retrouver dans la situation du nageur qui nage à contre courant et qui s’épuise au fur et à mesure qu’il essaie d’atteindre son but. La tentation est grande de recourir aux drogues pour tenir un peu plus avant que le burn out ne mette un terme à ce piège infernal. Le mental prend le contrôle d’un corps qui n’a plus les ressources nécessaires pour continuer ce combat perdu d’avance.

Le cadre travaille aussi chez lui

Le cadre travaille aussi chez lui

Bien avant d’arriver à un tel extrême, le fonctionnement global de l’individu sera profondément perturbé par ce flot d’information. Comment? La neurophysiologie nous apprend que les dégâts d’une telle sur-sollicitation deviennent vite dévastateurs. La cohérence des EEG – notamment dans la zone préfrontale du cortex cérébral qui détermine les qualités du leadership, la créativité ou la prise de bonnes décisions – décroit de manière dangereuse. L’Ayurvéda nous apprend par ailleurs que le Vata de la personne soumise à ce flot est de plus en plus déséquilibré, augmentant la fatigue nerveuse, le stress ainsi que les problèmes de santé. La revue Chronobiology International estime que le fait d’être « connecté » en permanence via son mobile engendre des troubles cardiovasculaires, intestinaux ainsi que des troubles psychologiques. Le travail en mode ‘zapping’ qui résulte de cette situation diminue la productivité et la focalisation des collaborateurs, situation qui devrait s’aggraver avec l’Internet des objets mais aussi l’arrivée dans les entreprises de la génération Z.

La génération Z va accentuer le problème

La génération Z va accentuer le problème

La génération Y – peu respectueuse de la hiérarchie, frondeuse et impatiente – aura donné bien du fil à retordre aux DRH en termes d’intégration. Or, à en croire une étude réalisée auprès de 3.200 jeunes par The Boson Project et BNP Paribas, la nouvelle génération des moins de vingt ans, cette fameuse génération Z, porte un regard très dur sur l’entreprise dont elle ignore pourtant tous les rouages alors qu’elle nourrit à son égard des attentes extrêmement fortes. L’entreprise est perçue d’abord comme stressante par une génération qui veut avant tout « du fric, du fun et de l’épanouissement », une hiérarchie respectueuse de l’éthique et qui lui fasse confiance. Les diplômes ? Ils n’ont aucune valeur à ses yeux ! Seuls comptent la débrouillardise et l’autoformation. La convergence de tous ces facteurs risque d’augmenter le niveau de stress déjà élevé dans les entreprises françaises. Rappelons que l’association Additra a tiré la sonnette d’alarme sur les effets du stress dans les entreprises lors de son congrès « Addictologie et travail 2014 ». Elle a révélé que l’usage de drogues se généralisait dans le monde du travail français : alcool, tabac, médicaments psychotropes, cannabis, cocaïne, héroïne… sont utilisés pour « tenir au travail », « bien dormir la nuit » ou « booster les performances » ! Cette consommation se banalise alors que, de tous côtés, la pression augmente et le travail devient de plus en plus stressant. Toutes les catégories professionnelles sont touchées par une épidémie qui appelle de vraies solutions.

Trouver de vraies solutions est urgent

Trouver de vraies solutions est urgent

Alors que plusieurs syndicats demandent un « droit à la déconnexion » après une certaine heure, les entreprises commencent à prendre des mesures pour essayer de sortir de cet imbroglio en tentant notamment de réduire ou de canaliser tant bien que mal le flot d’emails. Certaines préfèrent moduler en fonction de l’urgence. C’est le cas d’une grande banque française qui accompagne ses emails en week end de la mention « Si ce message vous arrive durant le weekend merci, sauf urgence, de le traiter en début de semaine » ! De telles mesures suffiront-elles ? Certainement que non. Sans une compréhension approfondie de la physiologie humaine et du fonctionnement de la conscience, ces mesures risquent de n’être que cautère sur jambe de bois ! Cette situation unique dans l’histoire du monde moderne ne trouvera pas de solution durable sans les apports de la méditation et de l’Ayurvéda, seules réponses pour établir une gestion du temps en phase avec les cycles de la nature, gérer le stress de manière simple et efficace, développer le cortex préfrontal et enfin remettre l’individu en accord avec les lois de la nature, autant de voies que nous avons déjà explorées dans ces colonnes.

Jo Cohen

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2 réflexions au sujet de « Protéger le cerveau du travail en mode ‘zapping’ »

  1. JACQUELINE

    Bonjour JO
    merci pour cet article très intéressant, c’est vrai que ça fait peur toutes ces masses d’informations que l’on doit absorber dans le monde du travail, et parfois en rentrant à la maison

    mon milieu professionnel ne fonctionne pas encore comme cela : le travail reste sur pc, téléphone
    pas de travail sur smartphone, et c’est tant mieux : nous pouvons ainsi se déconnecter de temps en temps, et il le faut
    où tout cela va s’arrêter ???????
    amitiés
    Jacqueline

    Répondre
    1. Jo Cohen Auteur de l’article

      Bonjour Jacqueline

      Tu as raison, ceci est inquiétant.
      L’objet de mon article est de faire prendre conscience de cela.

      Amitiés

      Jo

      Répondre

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