Sortir du stress pour retrouver le plaisir au travail

Le plaisir au travail est dans l'air du temps

Le plaisir au travail est dans l’air du temps

Le thème du plaisir au travail est visiblement dans l’air du temps. L’Institut d’Administration des Entreprises de Grenoble accueillera le 13 novembre prochain un évènement interactif traitant du sujet. Co-organisé par la chaire Management et Santé au Travail (MANSAT) de l’IAE de Grenoble et par le Centre Interinstitutionnel de Bilans de Compétences de l’Isère, cet évènement est censé confronter les points de vue des différents acteurs concernés, entreprises, salariés, chercheurs et consultants. Pour Emmanuel Abord de Chatillon, responsable de la chaire MANSAT, « le manager ne doit plus négliger les questions de qualité de vie au travail. Il doit s’emparer de ce sujet et proposer des solutions car tout le monde sera gagnant ». L’Institut de grenoblois travaille notamment sur la mise au point d’un modèle de compréhension de la qualité de vie au travail autour de quatre axes : le sens du travail, le lien au travail, le contenu du travail, le confort. Cette initiative est loin d’être un cas isolé. Le sujet figure également au programme des conférences du salon Solutions Ressources Humaines qui se tiendra fin mars 2015 à la Porte de Versailles. L’objectif de la session « Mettre en place la qualité de vie au travail: les outils innovants pour concilier performance et bien être au travail » est clair.

S’il faut saluer de telles initiatives, il faut également savoir d’où l’on part exactement avant d’aborder le plaisir au travail. Car, il ne servirait à rien de mettre en place un environnement favorable si le stress domine encore le climat de l’entreprise. Faites un mini sondage autour de vous. Vous serez rapidement fixés. Pour beaucoup de managers et de cadres, être bien dans son entreprise en 2014 relève de la pure utopie. Cette affirmation révèle le climat de stress qui règne dans des entreprises déjà confrontées à la rude concurrence de la mondialisation et à laquelle s’ajoute une transformation numérique qui accélère les processus et oblige à revoir les modèles économiques. Comment imaginer alors que l’on puisse être bien dans son entreprise quand on sait que le niveau de stress ne va pas diminuer? Pourtant, la transformation numérique ne laisse pas d’alternative. Les entreprises vont devoir créer cet environnement de travail qui favorise le bien être de tous leurs salariés, du top manager au cadre et jusqu’à l’ouvrier. Ne croyez surtout pas qu’elles le feront par pure philanthropie. Elles le feront parce que la recherche scientifique montre clairement que le stress diminue la productivité individuelle. Un ouvrier stressé sur une chaîne de production chez Toyota, et c’est peut être 300.000 véhicules qu’il faudra rappeler afin de régler correctement l’installation d’un airbag ! Conséquence ? Les entreprises qui n’auront pas de réponse efficace au problème du stress risquent de disparaître ou d’être rachetées comme ce fut déjà le cas avec la vague de la mondialisation.

La perception du danger...

La perception du danger…

Le problème du stress est trop souvent mal compris. L’abondante littérature qui lui est consacrée fait état d’un bon stress et d’un mauvais stress qui s’installerait dans la durée. Le bon stress serait celui qui vous fait réagir face à un danger en activant votre cerveau limbique. Pour sa part, la tradition védique estime que le stress est une réaction individuelle qui résulte de l’interprétation au niveau de la conscience d’une situation donnée. Un individu qui voit un serpent dans un coin sombre de sa cuisine va prendre peur et se sauver en criant. Dans la même situation, un autre individu va rester calme, ayant reconnu une corde enroulée sur elle-même pouvant faire penser à un serpent. Nous voyons là le rôle clé de l’interprétation, et donc de la conscience. C’est pourquoi les méthodes de gestion du stress basées sur la conscience donnent les meilleurs résultats. Dans l’entreprise, on comprend mieux pourquoi certains collaborateurs vont se sentir écrasés par les objectifs fixés par leur supérieur là où d’autres vont au contraire se sentir galvanisés par ces mêmes objectifs. Le stress est clairement une création individuelle. Idéalement, le top management devrait intégrer cette dimension et veiller à créer un cadre de travail qui ne favorise pas la production de stress. Mais, avec  la mondialisation d’une part, la transformation numérique et sa cohorte de distractions intempestives de l’autre, c’est quasiment ‘mission impossible’. C’est pourquoi les entreprises doivent mettre en place au plus vite des programmes de gestion du stress efficaces.

Les employés sont sur-sollicités

Les employés sont sur-sollicités

Dans l’économie numérique qui se dessine, les salariés seront encore plus sur-sollicités qu’ils ne le sont aujourd’hui. E-mails en rafales suivis d’interruptions intempestives, sonneries du téléphone, collègues qui viennent vous demander un tuyau, etc., le fonctionnement du cerveau sera mis à rude épreuve, obligé de traiter d’abondantes quantités d’informations, l’œil rivé sur le smartphone, la tablette ou l’ordinateur portable. Le déséquilibre Vata (voir à ce sujet http://management-vedique.com/eviter-les-pieges-des-nouvelles-technologies-de-linformation/) et le stress qui en résultent ne peuvent être effacés par une bonne nuit de sommeil et un peu d’exercice physique. D’autres solutions sont nécessaires. Certains syndicats réclament le « droit à la déconnexion ». Pas sûr que cette solution soit retenue dans le contexte actuel de concurrence mondialisée. Selon une étude du cabinet Deloitte[1], un manager consulte son smartphone jusqu’à 150 fois par jour. Résultat : il ne peut travailler plus de trois ou quatre minutes en restant focalisé, d’où une baisse de productivité, un risque accru de prise de mauvaises décisions et, à terme, un risque de ‘burn out’ ou de graves problèmes de santé. Parmi les 2500 DRH interrogés, l’étude Deloitte estime que trois DRH sur quatre ont pris conscience de l’urgence de la situation et de la nécessité de préserver leurs salariés à l’aide d’outils adaptés à ce nouveau contexte. En attendant qu’ils soient mis en place, plusieurs entreprises limitent l’usage de la messagerie à certaines plages horaires.

La vie privée est envahie par ces technologies

La vie privée est envahie par ces technologies

La question des outils est tout à fait cruciale. Jusque là, les entreprises les plus conscientes du problème ont testé différentes approches dans des directions aussi disparates que la relaxation, le yoga, le sport, l’hypnose, le rire, la PNL…jusqu’à la présence d’animaux sur les lieux de travail[2]. Leur intégration dans l’entreprise ne va pas de soi. Principal défaut, ces outils ne donnent pas d’autonomie dans la pratique. Différentes formes de méditation ont également fait irruption dans ce paysage. A y regarder de plus près, « il y a des milliers de formes de méditation » précise le Dr Andrew Newberg, neuroscientifique au Thomas Jefferson University Hospital. Même si les pratiques méditatives diffèrent, elles ont au moins une chose en commun selon le Dr Andrew Newberg, « elles favorisent une concentration de l’attention », une capacité du mental fragilisée par les distractions numériques. Sur le terrain, deux techniques sortent du lot : la méditation de la pleine conscience, issue de la tradition bouddhiste, et la méditation transcendantale, issue de la tradition védique, toutes deux nées dans le creuset de l’Inde antique.

Chade Meng Tane, le "gourou" de Google

Chade Meng Tane, le « gourou » de Google

Les études scientifiques montrent que ces deux techniques contrent efficacement le stress. Les exemples d’Apple et de Google sont souvent cités en exemple. Même en France, la presse s’en fait écho. « Chez Google, les salariés méditent » titrait récemment le magazine l’Express à l’occasion du passage en France de Chade Meng Tane, le « gourou » du géant californien. Celui-ci promeut cette forme de retour sur soi pour parvenir au bien-être, au bonheur et à la créativité au travail. Son passage coincide avec la sortie en français de son livre[3] dédié à la méditation de la pleine conscience – Mindfulness Based Stress Reduction – technique dérivée de la méditation bouddhiste et popularisée par le médecin américain Jon Kabat Zinn. Ce livre traite des bienfaits de la méditation au travail par le développement du potentiel d’attention. Selon l’article de l’Express, Google France n’en est pas encore là. La DRH de la filiale française précise toutefois qu’une minute de silence et de concentration a été instaurée au début de chaque réunion. Résultats ? Réunions plus efficaces et plus courtes. Pour sa part, la méditation transcendantale se distingue par sa simplicité et le fait qu’elle ne nécessite aucun effort. Elle n’exige en effet aucune concentration. Elle se base sur les tendances naturelles de l’esprit. La méditation transcendantale favorise le développement global et intégré du cortex préfrontal et donc de la créativité, de l’intelligence, du raisonnement moral, des croyances, de la stabilité émotionnelle, du développement de la personnalité, de la confiance en soi, du leadership, des performances académiques, de la capacité à décider, etc. Cinquante années de recherches sur cette technique confirment ses bienfaits en termes de productivité dans l’entreprise et de bien être physique et mental.

Une technique simple et sans efforts

Une technique simple et sans efforts

En matière de bien être dans l’entreprise, l’Ayurvéda permet d’aller un cran plus loin grâce à une connaissance plus profonde des lois de la nature. Elle affirme que le bien être consiste à être simplement en accord avec les lois de la nature. Son application permet de gagner en efficacité grâce à une meilleure gestion du temps. Elle améliore le comportement des managers et favorise la prévention des maladies liées au stress professionnel. En un mot, cet art de vivre millénaire – reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé – profite aussi bien à l’individu qu’à l’entreprise. Ses trois piliers sont l’alimentation, le repos et le mode de vie. L’Ayurvéda, connaissance à laquelle nous faisons souvent appel dans ces colonnes, permet d’intégrer les bienfaits de la méditation à toutes les étapes de la vie privée et de la vie professionnelle.

 

Jo Cohen

 

 

– Si vous avez aimé cet article, merci de le recommander à vos amis en cliquant sur le logo de votre réseau social préféré (Facebook, Linkedin, Twitter, Google +).

– Vous pouvez aussi recommander l’ensemble du site à vos proches sur la page Management Védique de Facebook afin de les faire bénéficier de cette précieuse connaissance. Je vous en remercie par avance.

– Vous pouvez laisser un commentaire.

– En vous inscrivant sur la liste Management Védique, vous serez averti par email chaque fois qu’un nouvel article sera publié. En outre, vous recevrez en cadeau un livret de 40 pages expliquant l’impact de la méditation dans l’entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1]                               « HR Trends », étude annuelle publiée par le cabinet Deloitte.

[2]                               Une étude de l’Université de Buffalo aux Etats-Unis conclut que la présence d’animaux dans l’entreprise réduit le stress quotidien.

[3]                               « Connectez-vous à vous  même », Editions Belfond, 2014.

3 réflexions au sujet de « Sortir du stress pour retrouver le plaisir au travail »

  1. Ludovic

    Pas mal, pas mal. Je pense également que réduire le nombre d‘heure de travail permet de retrouver le plaisir du travail.
    De ma propre expérience, j‘ai remarqué que lorsque j‘ai peu d‘heure cours, non seulement j‘obtiens de meilleur résultat à mes examens et en plus allez à la fac ne me dérange pas.
    De plus, Dans son ouvrage “la simplicité volontaire plus que jamais“ Serge mongeau montre que les salariés qui ont quitté le temps plein pour passer à temps partiel semblaient plus épanouis et donc moins stresser.

    Répondre
  2. ketty

    Cela fait rêver de penser à un climat vivable au sein du monde du travail. Je travaille depuis 20 ans dans une administration la sécu dont les fondements basés sur l humanité et la solidarité entre autres ne cessent des étioler ‘au point mais de n avoir plus que le visage de la mesquinerie et du profiter à n importe quel prix…

    Je parle des salariés qui pourraient être plus attentionnés les uns envers les autres en interne pour ensuite délivrer le service imprégné d une humaine bienveillance. Utopie ??? Je ne parle même pas de notre gouvernance médiocre qui ne pense nullement aux hommes qu ils dirigent ‘mais à leur seul égoiste bien être.
    Je m attache à m enrichir à partager et à propager respect, joie et gout de l effort pour une vie professionnelle épanouissante et heureuse . Merci de me conseiller des lectures, des proverbes….tout ce qui peut m encourager au quotidien.

    Répondre
    1. Jo Cohen Auteur de l’article

      Bonjour Ketty

      Votre entreprise nage dans le stress. Continuez à irradier des valeurs positives autour de vous.
      Cela aidera ceux de vos collègues qui sont prêts à changer de paradigme.
      Encouragez-les à méditer et à faire du Yoga.
      Bonne continuation
      Jo

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *