Tournez vos bureaux à l’est

Les bienfaits du soleil levant sont connus en Ayurvéda

Le Sthapatya Véda – la branche du Véda consacrée à l’architecture, encore appelée Vastu Shashtra – recommande de construire des bureaux dont l’entrée du bâtiment soit tournée à l’est. Pour éviter toute ambigüité, précisons que la porte d’entrée du bâtiment regarde en direction de l’est. Si tel est le cas, le Sthapatya Veda affirme que vos bureaux vous apporteront énergie, quiétude et sérénité, un cadre idéal pour optimiser la créativité et la productivité de tous vos salariés.

La racine sanscrite « Stha » de Sthapatya, signifie littéralement « établi ». On la retrouve dans nos langues indo-européennes dans des termes comme « establishment » en anglais, « établissement » en français…Considérée en Asie comme l’ancêtre du Feng Shui, cette connaissance a été restaurée dans son efficacité originelle par le sage indien Maharishi Mahesh Yogi sous le nom de Maharishi Sthapatya Véda. Elle sert de base aux points clés de cet article.

Cette connaissance permet de construire des bâtiments – professionnels, individuels ou sacrés – en accord avec les lois de la nature, et notamment la première d’entre elle, l’ouverture à l’est. Reproduisant au niveau du microcosme l’harmonie du macrocosme, ces bâtiments bénéficient des bienfaits apportés par les premiers rayons du soleil. Ils établissent un pont entre l’univers et la physiologie humaine.

Toutes les influences de notre univers sont prises en compte

Si la priorité est donnée à l’ouverture à l’est, la seconde direction recommandée par le Sthapatya Véda est le nord. En revanche, les entrées à l’ouest ou au sud sont fortement déconseillées, car ce sont les directions par lesquelles les influences bénéfiques des rayons du soleil s’échappent des bâtiments. Le Sthapatya Véda, qui tient compte des influences du soleil, de la lune, des planètes, des étoiles, de l’équateur, du pôle nord et du pôle sud, ne se limite aux seules questions d’orientation. Il traite également des questions touchant aux proportions à l’intérieur des bâtiments ou du choix de matériaux non-toxiques.

Le cerveau fonctionne mieux quand l'individu regarde en direction de l'est

La recommandation principale concernant l’orientation est validée par la science moderne. En effet, des études récentes montrent qu’il y a dans notre cerveau des neurones qui décryptent l’orientation de notre corps dans l’espace. Baptisés « cellules-grillage » – à cause des grillages composés de triangles qui s’activent lorsque nous nous déplaçons – ces neurones forment « le GPS » de notre cerveau. D’autres études montrent que les neurones communiquent différemment selon la direction que nous regardons[1]. Autrement dit, notre cerveau fonctionne différemment selon qu’il fait face à l’est, au nord, au sud ou à l’ouest. La vitesse d’excitation des neurones du thalamus, le chef d’orchestre de notre cerveau, varie alors selon la direction, influençant du même coup le fonctionnement cérébral et le fonctionnement de la physiologie. Notre cerveau fonctionne parfaitement lorsqu’on regarde dans la direction de l’est.

Qu’en est-il au niveau des bâtiments ? Des études publiées dans la revue scientifique « Journal of Social Behaviour and Personality » montrent que le cerveau est perturbé si l’on se trouve dans un bâtiment mal orienté, entrainant des troubles physiologiques, psychologiques et comportementaux. En effet, les sujets vivant dans des bâtiments avec l’entrée au sud sont en moins bonne santé et ont davantage de problèmes financiers que ceux vivant dans des bâtiments ayant leur entrée au nord ou à l’est.

Esthétique et coûts sont les seuls facteurs pris en compte

La construction de bâtiments à usage professionnel n’est jamais prise à la légère dans la plupart des pays asiatiques où les consultants en Sthapatya Véda ou en Feng Shui sont légion. En occident, à quelques rares exceptions près, la construction de bureaux ou d’usines est surtout guidée par des considérations esthétiques, financières et réglementaires. Dans les années 70, l’Organisation mondiale de la santé s’est tout de même alarmée du syndrome de bâtiment malade (SBM), un mal touchant près de 30 % des bâtiments nouvellement construits. Même si l’étude de ce syndrome a révélé des causes objectives comme la pollution chimique (colles, peintures, etc.) ou les défauts d’aération (air conditionné, etc.), il restait une cause qualifiée de « socio-psychologique » pouvant générer de l’anxiété, certains auteurs parlant même de « part prédominante d’hystérie collective ». Sans prendre partie dans ce débat d’experts, nous retiendront l’idée que la science admet qu’un bâtiment puisse être malade !

Depuis les années 70, un peu partout dans le monde, l’explosion du prix de l’immobilier a conduit au développement de bureaux en open space. En France, 60% des employés travaillent aujourd’hui en open space. Pourtant, les méfaits de cette organisation de l’espace intérieur des bâtiments sont parfaitement connus et documentés. Le livre au titre évocateur « L’Open Space m’a tuer », d’Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, est édifiant. Que dit la science à ce sujet ? Une étude américaine montre que le travail en open space sans espace délimité par des cloisons diminue la productivité de 15 % et le bien être de 32 %. Les salariés travaillant en open space prennent en outre 62% de jours d’arrêt maladie de plus (étude publiée dans le Scandinavian Journal of Work, Environment and Health).

Les méfaits de l'open space sont largement connus

Bruit, interruptions, sentiment d’être observé, etc., le travail en open space se traduit par une aggravation du déséquilibre Vata (voir à ce sujet http://management-vedique.com/votre-constitution-ayurvedique-determine-votre-profil-managerial/ et http://management-vedique.com/eviter-les-pieges-des-nouvelles-technologies-de-linformation/).! Si certains managers estiment que les plateaux augmentent les échanges, la plupart des chercheurs prétendent le contraire. Citant des études américaines, Thérèse Evette, cofondatrice du Laboratoire Espaces travail de l’ENSAPLV explique dans une interview au journal Le Monde que « dans les grands espaces, la communication augmente certes en quantité, mais baisse en qualité – elle donne lieu à des échanges qui sont professionnellement inutiles et qui finissent par déranger les salariés ». Que faire concrètement dans l’immédiat si vous travaillez sur un plateau en open space ? Tournez votre bureau en direction de l’est, aérez quotidiennement votre espace de travail et mettez quelques plantes et cloisons pour délimiter votre espace personnel et atténuer le bruit.

Jo Cohen


[1] Référence: Progress in Neurobiology 13 (1979): 419-439; Journal of Neuroscience 15 (1995): 6280-6290; and Processing the Head Direction Cell Signal: A Review and Commentary’, Brain Research Bulletin 40 (1996): 477-486.

2 réflexions au sujet de « Tournez vos bureaux à l’est »

  1. ludovic

    Bonjour Jo

    L’article est très intéressant.
    Toutefois certains praticiens du vastu précisent qu’un bâtiment qui fait face à l’ouest ou au sud, peut donner d’excellents fruits si la construction respecte scrupuleusement les règles du vastu chastra. Et vice versa, des bâtiments qui font face à l’est ou au nord sont problématique si certaine règle ne sont pas respecté, par exemple une cuisine dans le nord-est aurait la faculté de détruire tous les bénéfices engendré par une porte d’entrée situé face à l’est.
    Cordialement.

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    1. Jo Cohen Auteur de l’article

      Bonjour Ludovic

      La connaissance du Vastu Shashtra s’est perdue avec le temps et de nombreux commentateurs avancent des idées farfelues.
      Le sage indien Maharishi Mahesh Yogi a restauré cette connaissance dans sa pureté originelle sous le nom de Sthapatya Véda.
      Le texte est basé sur ses principes, notamment l’orientation Est et Nord.
      A l’intérieur des bâtiments il faut respecter d’autres règles, mais c’est là affaire de spécialistes de le construction.
      Jo

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