Un bon manager doit dormir comme un gros bébé!

On ne soulignera jamais assez l'importance d'un bon sommeil

Ca a tout l’air d’une boutade. Hélas, il n’en est rien. Selon l’Ayurvéda, cette « boutade » est, comme qui dirait, une évidence. Un manager qui dort mal est un danger pour lui comme pour son entreprise. La science moderne admet que les troubles du sommeil entrainent des baisses en cascade : baisse de la vigilance, de l’attention, de la concentration, de la mémorisation, de l’apprentissage, de la motivation, du climat social, de l’ambiance au travail, de la créativité, de la productivité et enfin des performances professionnelles. Le manque de sommeil accroît aussi le taux d’absentéisme, qui double pour les personnes souffrant de troubles du sommeil, le ‘turn over’ des employés ainsi que le taux d’accidents du travail et d’accidents sur le trajet domicile-entreprise. La Prévention Routière reconnaît que la somnolence au volant est la première cause d’accidents mortels sur autoroute. Les effets sur la santé sont dévastateurs : le manque de sommeil chronique (ou le sommeil de mauvaise qualité) engendre obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, complications respiratoires, troubles psychologiques, psychiatriques et neurologiques. Le ronflement, signe d’une potentielle apnée du sommeil, est encore plus néfaste. Il favorise hypertension, maladies cardiaques, baisse de la libido…. accidents du travail, arrêts maladies (deux fois plus que la moyenne) et absentéisme (2,5 fois plus).

A l’évidence, la compétitivité est indissociable de la qualité du sommeil. Les recherches scientifiques montrent en effet que le manque de sommeil chronique ou que le sommeil de mauvaise qualité affectent la productivité et l’innovation. Loin d’être un épiphénomène, le problème touche l’ensemble du monde du travail. Ainsi, dans les entreprises, 20 à 40% des salariés se plaignent de la qualité de leur sommeil. Plus d’un employé sur deux estime que son problème de sommeil occasionne au moins une nuisance dans le cadre de son travail. Son coût ? Il serait supérieur à 400€ par employé et par an, dont plus de 80% à la charge de l’employeur ! Les troubles du sommeil sont indissociables du stress, ce mal du travail du 21ème siècle. Le manque de sommeil aggrave le stress alors que le stress empêche de dormir. Or, le coût du stress pour les entreprises est loin d’être négligeable. Une étude de l’INRS et de Métiers ParisTech estimait en 2007 que les entreprises françaises perdaient deux à trois milliards d’euros chaque année à cause du stress. Il s’agit d’une estimation à minima ne comptabilisant que les dépenses de soins, le coût de l’absentéisme, les cessations d’activité et les « décès prématurés ».

Le site Internet de recrutement Monster a réalisé récemment un sondage auprès de 2000 personnes afin de savoir comment les salariés combattaient le stress au bureau en France, en Italie et en Espagne. Il montre que le sport et l’humour arrivent en tête du classement : en France avec respectivement 26 et 37 %, en Italie avec 19 et 49% et enfin en Espagne avec 21 et 32 %. Le sondage montre aussi que 11% des internautes ayant répondu utilisent des « béquilles » comme l’alcool, le tabac ou les médicaments et qu’ils sont plus de 20 % à chercher encore une solution. Nombre d’entreprises ont compris ces enjeux en installant des salles de fitness dans leurs murs. Toutefois, cela ne suffit visiblement pas. Certaines entreprises commencent à mettre en place des solutions déjà pratiquées au Japon, aux Etats-Unis, au Canada ou dans les pays scandinaves. Objectif affiché : s’attaquer au stress, et par contrecoup, aux problèmes de sommeil. Plusieurs groupes ont adopté le « rire en entreprise ». Sujet parfait s’il en est pour un reportage sur une chaine de télévision, le sujet a été pris à bras le corps par CNN, la BBC, la NHK ainsi que plusieurs chaines françaises dont TF1, France 2, France 3 ou M6. Ces dernières lui ont consacré quelques minutes dans leur journal télévisé. Le rire est-il l’arme antistress tant attendue par l’entreprise ? Nul doute que l’humour exercé au quotidien dans l’entreprise aide à combattre le stress. Quant à la pratique régulière de séances de rire en club ou en entreprise, elle a certes des effets positifs. Elle est pourtant loin d’être une panacée, malgré son intérêt, au moins parce que le rire ne peut être pratiqué de manière autonome par un salarié isolé dans son bureau ou même dans le métro.

Le rire en groupe diminue le stress

Plus directement connectée au problème du sommeil, la sieste est-elle la réponse tant attendue? Au Japon, toutes les grandes entreprises ont des salles dédiées à la sieste. Les entreprises françaises se montrent encore très réticentes dans leur ensemble. Le groupe Orange a franchi le pas en créant une salle de sieste dans ses locaux lyonnais. Citons aussi le cas du cabinet PriceWaterhouseCooper. En France, ce sont surtout des startups et des PME qui l’adoptent. « La sieste permet de rattraper une partie de la ‘dette de sommeil’ et d’être performant plus longtemps » explique le Dr Eric Mullens, responsable du laboratoire du sommeil à Albi. Vingt minutes de sieste apportent un gain de productivité d’une à deux heures sur une journée de travail affirme une étude britannique. La pratique est courante dans les métiers qui épuisent rapidement. Les pilotes d’avions ou les grands sportifs la pratiquent régulièrement. Bill Gates est un adepte connu de la sieste. «Le fait d’instaurer un système de sieste dans l’entreprise est en tous points bénéfique» affirme Christophe Petiau, neurologue spécialisé dans ce domaine dans une interview accordée au Figaro. Renato Colamarino, neurologue spécialiste du sommeil  affirme pour sa part que les professions à risques et les métiers soumis au stress tireront avantage d’une sieste de 15 minutes après le déjeuner, moment où la vigilance est susceptible de baisser. La NASA s’est également penchée sur le sujet. Elle a constaté qu’une sieste de 26 minutes augmente les performances de 34 % et la vigilance de 54 %. Dans de nombreux pays, la sieste est pratiquée discrètement à titre individuel… alors que la Chine en a fait un droit constitutionnel. Mao Tse Toung a institué cette pratique « pour améliorer la productivité des classes laborieuses ».

Sieste Google

Malgré des résultats indéniables, les approches par le rire et la sieste restent incomplètes. Elles n’adressent pas les causes profondes du problème du sommeil comme le fait l’Ayurvéda. En outre, elles restent ambigües sur certains points. Ainsi, la sieste doit-elle être comprise comme un rattrapage de la dette de sommeil ou comme un repos digestif pour quelqu’un qui aurait trop mangé ? L’Ayurvéda traite chaque problème séparément. Pour éviter la chute de productivité de 15 heures, elle recommande de s’allonger une dizaine de minutes sur le côté gauche après le repas afin d’améliorer la digestion et maintenir un bon niveau d’éveil l’après midi, période favorable à la créativité (voir à ce sujet http://la-voie-de-l-ayurveda.com/layurveda-recommande-de-dormir-sur-le-cote-gauche et http://management-vedique.com/travailler-en-accord-avec-les-cycles-de-la-nature).

Pour dormir comme un gros bébé, un manager qui dort mal doit relier son problème à sa constitution ayurvédique et à son profil managérial (voir à ce sujet http://management-vedique.com/votre-constitution-ayurvedique-determine-votre-profil-managerial). Un manager au profil Vata aura surtout du mal à s’endormir alors qu’un manager au profil Pitta tendra à se réveiller entre 22 heures et deux heures du matin, signe d’un déséquilibre du dosha Pitta au niveau du corps, de l’esprit, voire des deux. Le manager au profil Kapha aura quant à lui du mal à se réveiller le matin. Ce sont autant de signes de déséquilibres du sommeil qu’il faudra adresser de manière spécifique tout en gardant en mémoire qu’il y aura des recommandations générales s’appliquant à tous les profils.

La première étape pour une bonne nuit de sommeil est la phase d’endormissement. Il faudra toujours faciliter l’endormissement. Comment ? En allant se coucher tôt, avant 22 heures. Au niveau du réveil, l’Ayurvéda recommande de se lever pendant les heures Vata et donc avant 6 heures. Se lever pendant les heures Vata permet de se sentir rapidement éveillé et prêt à l’action. Il faudra aussi identifier les causes précises qui perturbent le sommeil : stress, conflits professionnels ou conjugaux, excès de travail, pression des délais, mauvaises nouvelles, contrariétés, etc. Si le problème de sommeil n’est pas installé depuis trop longtemps, vous devriez en venir à bout avec les quelques conseils destinés à rééquilibrer le dosha qui en est la cause (http://la-voie-de-l-ayurveda.com/ameliorez-votre-sommeil-grace-a-layurveda). Sinon, il est préférable de consulter un professionnel de l’Ayurvéda.

Jo Cohen

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