Un manager doit se préoccuper du bonheur de son personnel

Laurence Vanhée

Laurence Vanhée

Posez sincèrement ces questions : Êtes-vous un manager heureux ? Vous préoccupez vous du bonheur de vos équipes, de vos salariés ? Etes-vous compatissant ? Vous vous dites peut-être qu’ainsi formulées, ces questions n’ont rien de professionnel. Détrompez-vous ! Ces questions sont parfaitement bien formulées. La preuve ? Elle s’appelle Laurence Vanhée. Cette directrice des ressources humaines affirme que « travailler dans la joie et la bonne humeur n’est pas contradictoire avec la performance ». Sur ses cartes de visite, elle a fait graver Chief Happiness Officer. CHO ! Et pas DRH…alors qu’elle a obtenu récemment de Peoplesphere, la communauté belge des People Managers, le titre de « DRH de l’année » en 2012!

Le livre au titre évocateur qu’elle vient d’écrire,  Happy RH[1], raconte son expérience de terrain en matière de bonheur des salariés et de performance de l’entreprise. Cette expérience est en phase avec ce que nous apprend la recherche scientifique au sujet des effets de la méditation, et plus particulièrement la Méditation Transcendantale, ainsi que des technologies issues du Véda que nous évoquons régulièrement dans ces colonnes. Ainsi, de nombreuses études conduites dans des universités prestigieuses ont montré une forte corrélation entre la proportion de salariés heureux et la performance de l’entreprise, et pas seulement parce qu’un salarié heureux tombe deux fois moins malade ou s’absente six fois moins, ou encore qu’il est neuf fois plus loyal.

Une expérience de terrain

Une expérience de terrain

Dans une interview qu’elle a accordée au magazine l’Usine Nouvelle, Laurence Vanhée considère que sa responsabilité à la sécurité sociale belge où elle sévit a été de créer les conditions pour que les collaborateurs soient heureux au travail, et donc performants : « Il faut arrêter de faire comme si les salariés n’étaient pas des adultes, capables de s’organiser eux-mêmes, c’est-à-dire de décider le lieu, le moment et la façon dont ils veulent travailler. Je parle là des horaires flexibles, du télétravail et tous les outils qui ont pour conséquence d’accroître l’autonomie des personnes. Ces changements d’organisation ont un impact sur la structure de l’entreprise : il faut remplacer les petits chefs par de vrais leaders, qui doivent avoir et partager une vision que l’équipe met en œuvre ». Le propos est clair. C’est ce qu’elle a fait en moins de trois ans avec des indicateurs précis permettant de mesurer les gains obtenus. Si toute la presse parle de sa démarche, le cas de cette CHO nous amène à nous reposer la sempiternelle question du leadership. Laurence Vanhée estime qu’un des rôles du leader est de lever les obstacles qui peuvent entraver le travail des salariés. Ses qualités ? Il doit faire preuve de courage, de compassion et d’altruisme. Il doit en outre favoriser le droit à l’erreur de ses équipes.

Le roi Rama

Le roi Rama

Que dit le Véda sur ces questions ? C’est dans le Yajur Véda[2] que la question du leadership est abordée…au niveau d’un pays dans sa globalité. Quelles sont les qualités que doit avoir un roi pour apporter le bonheur à ses sujets ? Comme il se doit, le Yajur Véda en fait une liste exhaustive. Le roi doit avoir entre autre la force physique d’un lion, il doit savoir déléguer, donner du bonheur aux autres, protéger ses citoyens, être droit, juste et courageux. Le roi doit être aussi respectueux, patient, bon et vertueux. Bien qu’à plus petite échelle, un leader peut-il se comporter autrement ? Certainement pas. Le leader doit donc développer toutes ces qualités. Texte très populaire de la littérature védique, le Ramayana enseigne au travers l’épopée du roi Rama les principes énoncés dans le Yajur Véda. Les qualités développées par Rama par le travail intérieur et par la méditation y sont distillées tout au long de l’histoire. On y apprend au passage les règles de fonctionnement d’une bonne organisation. Ainsi, le roi ne peut manquer à sa parole, quel qu’en soit le prix. Le moindre petit mensonge… et c’est tout l’équilibre de l’organisation qui vacille. Si l’état actuel de nos entreprises rappelle cruellement que nous manquons de leaders avec ce niveau d’exigence, l’exemple de Laurence Vanhée montre que rien n’est perdu dans notre monde en pleine mutation.

La bonne nouvelle est que la Méditation Transcendantale développe à la fois les qualités de leader telles que définies dans le Yajur Véda ainsi que le bonheur des employés. Les résultats de plusieurs recherches menées sur cette technique montrent une amélioration du travail accompli, de la satisfaction au travail, du travail en groupe, de la communication ; amélioration des relations entre les membres du personnel à tous les échelons hiérarchiques ; la capacité d’accomplir davantage en faisant moins d’efforts, d’où une plus grande efficacité ; une réduction des tensions au travail ; une plus grande harmonie dans l’environnement de travail ; une diminution de l’absentéisme et des congés maladie ; une diminution des erreurs, des accidents de travail et des blessures ; une augmentation de la productivité.

Nouveau directeur de la TBS

Nouveau directeur de la TBS

La méditation est clairement un atout pour les entreprises françaises frappées par la crise. Jacques Attali, que l’on ne présente plus, fait partie des personnalités qui ont pris fait et cause à ce sujet. Jacques Igalens, nouveau directeur de la Toulouse Business School, en fait également partie. Ce spécialiste reconnu de la gestion des ressources humaines a décidé de mettre à disposition de ses étudiants début 2014 une salle de méditation… en dépit de la mauvaise presse faite autour de ces techniques, « trop souvent associées à des sectes » alors qu’elles ont réussi à prouver leur efficacité sur la santé et le bien-être. Depuis janvier dernier, à l’Université de Strasbourg, la méditation est devenue un sujet d’étude sanctionné par le diplôme universitaire «Médecine, méditation et neurosciences». C’est un pas significatif puisque la plupart des universités françaises proposent essentiellement des cours de yoga ou de sophrologie. En réponse à la démarche de Jacques Igalens au sein de la Toulouse Business School, Stéphanie Gelbart, ancienne élève de cette école et coach dans le secteur du management écrit : « Vous offrez une réelle opportunité à de futurs décideurs d’être calés sur ce qu’ils sont et non pas ce que l’environnement souhaiterait qu’ils soient ! »

 

Jo Cohen



[1] Happy RH, Editions de La Charte, mars 2013

[2] Le Yajur Véda est l’un des quatre grands Védas avec le Rik Véda, la Sama Véda et l’Atharva Véda.

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