Zones de « grand stress » : comment les traverser ?

Méditer est la première arme antistress

Méditer est la première arme antistress

L’idée selon laquelle la vie est une lutte est aux antipodes de l’enseignement de l’Ayurvéda qui met à la disposition de chacun une infinité de techniques pour vivre une vie sans stress, en harmonie avec les cycles de la nature. Ces cycles s’écoulent sans effort d’un moment à l’autre, d’une journée à l’autre, d’une saison à l’autre. La vie selon l’Ayurvéda devrait s’écouler ainsi, sans effort, nous apportant toujours plus d’énergie, de créativité et de productivité avec un minimum d’effort.

La première arme antistress selon l’Ayurvéda, de loin la plus efficace, est la méditation, une technique qui peut se pratiquer dans l’entreprise ainsi que nous l’avons déjà exposé à maintes reprises dans ces colonnes (voir à ce sujet http://management-vedique.com/mediter-aussi-pour-le-benefice-de-lentreprise/). Une récente méta-analyse montre les effets extrêmement positifs de la méditation transcendantale sur les désordres liés au stress et à l’anxiété. L’effet est particulièrement spectaculaire en cas de forte anxiété. Des vétérans de guerres ainsi que des prisonniers – groupes sociaux de personnes fortement stressées – ont vu leur taux d’anxiété baisser de manière spectaculaire (voir graphique).

Pour le docteur Nancy Lonsdorf[1], spécialiste reconnue de l’Ayurvéda, la méditation transcendantale est différente des autres formes méditations : « des études comparatives ont montré de façon consistante et répétée que la méditation transcendantale  produisait au moins deux fois plus d’effets bienfaisants, et souvent bien davantage, pour plusieurs troubles de santé liés au stress comme l’hypertension, l’anxiété, les toxicomanies, et pour la santé mentale en général, lorsque l’on compare avec les résultats d’autres méthodes »[2].

 

La méditation transcendantale réduit les grands stress

La méditation transcendantale réduit les grands stress

Seulement voilà, il arrive de temps en temps que même une technique de méditation efficace ne suffise pas à éliminer tout le stress produit dans certaines situations. Un bilan de fin d’année, un rapport à remettre en urgence ou un changement radical du contexte économique qui met à terre tous vos plans peuvent susciter ce climat de « grand stress ». En plus de la méditation, l’Ayurvéda propose plantes et préparations capables de nous aider à traverser ces zones de turbulence où le corps et l’esprit ne sont plus en complète harmonie et où le corps ne produit plus suffisamment d’hormones pour combattre le stress que nos créons à cause de nos propres limites neurophysiologiques.

Associées aux conseils liés au mode de vie comme l’exercice, l’alimentation et le sommeil, ces préparations antistress, prises sur une période limitée, apportent une aide précieuse car elles limitent en plus la production de radicaux libres à l’origine du vieillissement et renforcent l’immunité. Classées dans la catégorie des produits adaptogènes, elles régulent les effets du stress sans stimuler et sans avoir d’effet sédatif sur la physiologie. Elles donnent un regain d’énergie le matin et favorisent le sommeil la nuit venue. Nous avons choisi deux de ces préparations, faciles à trouver dans le commerce.

Grand stress 4

L’Ashwagandha – alias Withania somnifera en botanique  – est la plus connue des herbes de l’Ayurvéda pour combattre le stress[3]. On en trouve des régions sèches de l’Inde jusqu’en Israël. Certains l’appellent le « ginseng indien ». Plusieurs magasins biologiques en vendent conditionnée en gélules. Le terme Ashwagandha signifie littéralement « la sueur du cheval ». La plante donne à celui qui la consomme « la vitalité d’un cheval ». Ses effets sont si nombreux que l’Ayurvéda considère que la plante insuffle une nouvelle jeunesse à celui qui en prend en aiguisant sa mémoire et son intellect, en empêchant sa chair de devenir flasque et en faisant rayonner son teint.

 

Le principe actif de la plante est constitué d’un certain nombre de lactones stéroïdiens, molécules bioactives appelés withanolides. L’une des particularités de ces withanolides[4] est de communiquer avec le système nerveux central et d’activer les récepteurs de l’acide gamma-aminobutyrique présent en grandes quantités dans le cerveau. Cet acide est un neurotransmetteur qui inhibe la libération d’autres neurotransmetteurs (dopamine ou noradrénaline), décuplant ainsi son action apaisante et empêchant les effets du stress d’atteindre les centres excito-moteurs du cerveau. Les withanolides stimulent la croissance des neurones et régénèrent leurs terminaisons endommagées, ce qui favorise une augmentation des interconnexions neuronales.

L'Ashwagandha a des vertus antisrtess

L’Ashwagandha a des vertus antisrtess

De très nombreuses études ont démontré les propriétés adaptogènes de l’Ashwagandha. Elle augmente l’endurance physique, empêche la destruction de la vitamine C en situation de stress, régule le cortisol, améliore l’acuité mentale, le temps de réaction et la performance physique chez des individus sains. L’Ashwagandha pacifie Vata et Kapha (voir à ce sujet http://management-vedique.com/votre-constitution-ayurvedique-determine-votre-profil-managerial/ et http://management-vedique.com/un-bon-manager-doit-dormir-comme-un-gros-bebe/). Elle peut aggraver légèrement Pitta ainsi que l’ama.

L’autre substance antistress de l’Ayurvéda est le Shilajit. Appelée asphalte de bitume en botanique, cette substance bitumineuse suinte des rochers escarpés des contreforts de l’Himalaya en été. Elle exsude aussi des roches de l’Altaï, des montagnes du Caucase, des montagnes du Tibet et du Pakistan. Quatre variétés de Shilajit sont mentionnées dans les traités ayurvédiques. Elles diffèrent par la prédominance de quatre métaux, l’or, l’argent, le cuivre et le fer. De couleur noire, la variété contenant du fer est le Shilajit le plus efficace au plan thérapeutique. Cette variété ressemble à du goudron. Essence des anciennes forêts tropicales, elle contient une petite centaine de minéraux différents comme des benzopyrones, des triterpènes, des lipides phénoliques ainsi que de l’acide humique et de l’acide fulvique. Ce dernier est un transporteur de molécules particulièrement efficace.

Le Shilajit est courant dans l'Hymalaya

Le Shilajit est courant dans l’Hymalaya

Le terme sanscrit Shilajit signifie « substance victorieuse des rochers ». Dans la Caraka Samhita, le traité de base de l’Ayurvéda, cette plante est présentée comme une «panacée ». C’est un puissant tonique et adaptogène utilisé dans l’Ayurvéda comme dans la médecine tibétaine. Il réduit Kapha tout en étant bénéfique pour Vata et Pitta. Shilajit renforce tous les processus de la physiologie, ce qui lui vaut aussi le qualificatif de « destructeur de toutes les faiblesses ». Dans une récente étude[5], des participants ayant pris 200mg de Shilajit chaque jour pendant quinze jours ont vu leur niveau d’énergie dans le sang après un exercice vigoureux équivalent à celui qu’ils avaient avant de commencer l’exercice.

Le Shilajit améliore l’immunité, combat la fatigue, améliore la santé des voies urinaires, l’humeur, la mémoire, les nerfs ainsi que la santé génito-urinaire. Il favorise la régénération cellulaire en amenant oxygène et nutriments au cœur de la cellule. Cet anti-radicaux libres est aussi connu pour ses propriétés antistress et adaptogènes. Il favorise entre autre la production de dopamine, responsable du sentiment de bien être. Il combat aussi l’anxiété, un état que l’Ayurvéda attribue à une fatigue qui ne laisse pas assez d’énergie pour calmer le système nerveux. Ses propriétés dites de « Yoga Vahi » lui permettent d’évacuer les toxines du corps en les encapsulant dans ses cavités poreuses.

Cuillère de Chyawanprash

Cuillère de Chyawanprash

Le Shilajit est le composant principal du Chyawanprash. Cette préparation traditionnelle de l’Ayurveda figure parmi les Rasayanas – substances censées développer la longévité – les plus respectés en  Inde. Le Chyawanprash est un excellent antistress. La légende raconte que le sage Chyawan, âgé de 90 ans, venait de rencontrer l’amour de sa vie, une jeune fille d’une vingtaine d’années. Ils décident de se marier et d’avoir des enfants. Le sage s’adresse alors aux Ahwinis Kumar, deux jumeaux praticiens de l’Ayurveda, pour l’aider à avoir des enfants et vivre une longue vie. Ils lui préparent ce Rasayana afin qu’il puisse faire face à ses nouveaux devoirs.

 

 

Jo Cohen

 



[1] Auteur du célèbre A Women’s Best Medicine, docteur Nancy Lonsdorf a été directrice médicale du Maharishi Vedic Medical Center à Washington, aux Etats-Unis, depuis 1987. Elle fut l’un des premiers médecins américains a intégrer l’Ayurvéda Maharishi dans sa pratique. Aujourd’hui, elle est reconnue comme l’un des meilleurs spécialistes des soins de santé pour les femmes. Elle fait partie des meilleurs experts en Ayurvéda Maharishi.

 

[2] Une étude du Journal of Clinical Psychology (1989) a passé en revue tous les travaux de recherche disponibles sur les méthodes de méditation ou relaxation pour la réduction de l’anxiété chronique : la relaxation musculaire progressive, la technique de Benson, une méthode de concentration, la méditation par mantra en sanscrit, le biofeedback, la Méditation Transcendantale ainsi que des techniques placebos. La Méditation Transcendantale fut la seule qui montra un effet plus grand que le placebo. Les autres méthodes avaient un effet égal ou même inférieur au placebo.

 

[3] Elle est plus digeste si elle est prise avec un peu de gingembre frais.

 

[4] L’une des withanolides désactive les protéines filamenteuses produites en excès dans les cellules cancéreuses, réduisant ainsi la capacité de ces cellules de produire des métastases dans d’autres parties du corps.

 

[5] Etude de R.K. Goel, R.S. Banerjee et S.B. Acharya dans Journal of Ethnopharmacology (1990, 29, 95-103).

 

2 réflexions au sujet de « Zones de « grand stress » : comment les traverser ? »

  1. ludovic

    Bonjour Jo
    Dans l’article il est écrit que l’utilisation des plantes doit être prit sur une période limité. Est-il possible de connaitre pendant combien de temps maximum un individu peut prendre ces plantes ?
    Ludovic.

    Répondre
  2. Jo Cohen

    Bonjour Ludovic

    On peut les prendre seul pendant un mois,
    Au delà, il est conseillé de consulter un professionnel de l’Ayurvéda.
    Cordialement
    Jo

    Répondre

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